S E M I N A I R E

Les camarades italiens rendent un hommage à Toni !

lundi 8 janvier 2024.

Toni Negri nous a quittés. Pour certains d’entre nous, c’était un ami cher mais pour nous tous, il était le camarade qui s’était engagé dans le grand cycle des luttes politiques des années soixante et dans les mouvements révolutionnaires des années soixante-dix en Italie.

Il fut l’un des fondateurs de l’opéraïsme et le penseur qui a donné une cohérence théorique aux luttes ouvrières et prolétariennes dans l’Occident capitaliste et aux transformations du Capital qui en ont résulté. C’est Toni qui a décrit la multitude comme une forme de subjectivité politique qui reflète la complexité et la diversité des nouvelles formes de travail et de résistance apparues dans la société post-industrielle. Sans la contribution théorique de Toni et de quelques autres théoriciens marxistes, aucune pratique n’aurait été adéquate pour le conflit de classes.

Un Maître, ni bon ni mauvais : c’était notre tâche et notre privilège d’interpréter ou de réfuter ses analyses. C’était avant tout notre tâche, et nous l’avons assumée, de mettre en pratique la lutte dans notre sphère sociale, notre action dans le contexte politique de ces années-là. Nous n’étions ni ses disciples ni ses partisans et Toni n’aurait jamais voulu que nous le soyons. Nous étions des sujets politiques libres, qui décidaient de leur engagement politique, qui choisissaient leur voie militante et qui utilisaient également les outils critiques et théoriques fournis par Toni dans leur parcours.

Nous nous souvenons de Toni comme d’un militant infatigable des mouvements sociaux et politiques des années 60 et 70, comme un ardent promoteur du mouvement pour l’Autonomie ouvrière, comme le principal bouc émissaire de la répression étatique, qui a culminé avec les grandes arrestations du 7 avril 1979 et le procès politique qui a suivi. Onze ans et demi de détention, prisons de haute sécurité, menaces et passages à tabac ont été le prix que l’État lui a fait payer. Nous nous souvenons également de lui dans les douleurs et les contradictions de son départ d’Italie et de son exil en France, au cours duquel il n’a pas abandonné un seul instant son engagement à trouver une solution politique au problème des milliers de militants politiques enfermés dans des prisons spéciales en Italie.

La preuve en fut l’interruption volontaire de son exil et son retour en Italie en 1997 dans l’espoir de contribuer à la fin de la législation spéciale, mais qui lui a valu de rester en prison jusqu’en 2003.

Nous nous souvenons de lui lorsqu’il a déclaré que « le communisme est une passion collective joyeuse, éthique et politique qui lutte contre la trinité propriété, frontières et capital ».

Nous nous souvenons de lui comme d’un homme toujours à l’écoute, en particulier des jeunes, un homme ouvert au dialogue et à la discussion, mais un opposant ferme à toute idéologie et pratique du capital et aux forces politiques qui lui donnent les formes institutionnelles.

Pour le monde culturel, philosophique et politique, Toni était un profond exégète de la pensée de Spinoza et l’un des plus grands théoriciens marxistes au tournant des XXe et XXIe siècles.

Pour nous, il était aussi et surtout le camarade Toni ! Avec amour nous te disons au revoir.

In Italiano

Toni Negri ci ha lasciato. Per alcuni di noi era un caro amico, per tutti noi era il compagno che si è impegnato nel grande ciclo di lotte politiche degli anni sessanta e dei movimenti rivoluzionari degli anni settanta in Italia.

Era uno dei fondatori dell’operaismo e il pensatore che ha dato una coerenza teorica alle lotte operaie e proletarie nell’occidente capitalista e alle conseguenti trasformazioni del Capitale.

E’ stato Toni a descrivere la moltitudine come forma di soggettività politica che riflette la complessità e la diversità delle nuove forme di lavoro e resistenza emerse nella società post-industriale. Senza il contributo teorico di Toni e di pochi altri teorici marxisti, nessuna prassi sarebbe stata adeguata allo scontro di classe.

Un Maestro, né buono né cattivo : era nostro compito e privilegio di interpretare o confutare le sue analisi. Era soprattutto compito nostro, e l’abbiamo assunto, di mettere in pratica la lotta nel nostro ambito sociale, la nostra azione nel contesto politico di quegli anni. Non eravamo né suoi discepoli, né suoi seguaci e mai Toni avrebbe voluto che lo fossimo. Eravamo liberi soggetti politici, che decidevano del loro impegno politico, che sceglievano il loro cammino militante e che usavano nel loro percorso anche gli strumenti critici e teorici forniti da Toni.

Ricordiamo Toni come infaticabile militante dei movimenti sociali e politici negli anni ’60 e ’70, come strenuo promotore del movimento dell’Autonomia Operaia, come principale capro espiatorio della repressione dello Stato, culminata nella retata del 7 Aprile 1979 e nel successivo processo politico. Undici anni e mezzo di carcere, i bracci speciali, le minacce e le percosse furono il prezzo che lo Stato gli fece pagare. Lo ricordiamo anche nelle pene e le contraddizioni della sua partenza dall’Italia e del suo esilio in Francia, durante il quale non abbandonò per un solo istante l’impegno di trovare una soluzione politica al problema delle migliaia di militanti politici rinchiusi nelle carceri speciali in Italia. Prova ne fu l’interruzione volontaria dell’esilio ed il ritorno in Italia nel 1997 nella speranza di contribuire alla fine della legislazione speciale, ma che gli costò invece di rimanere in carcere fino al 2003.

Lo ricordiamo quando diceva che "il comunismo è una passione collettiva gioiosa, etica e politica che combatte contro la trinità della proprietà, dei confini e del capitale".

Lo ricordiamo come un uomo sempre disposto all’ascolto, soprattutto dei giovani, un uomo aperto al dialogo e al confronto, ma fermo oppositore di ogni ideologia e pratica del capitale e delle forze politiche che gli conferiscono forme istituzionali.

Per il mondo culturale, filosofico e politico Toni fu un profondo esegeta del pensiero di Spinoza e uno dei più grandi teorici marxisti a cavallo del ventesimo e ventunesimo secolo.

Per noi fu anche e soprattutto il compagno Toni ! Con amore ti diciamo arrivederci.


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