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	<title>S E M I N A I R E</title>
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	<description>S&#233;minaires Universit&#233; Nomade, Chantiers en Cours et Laboratoire d'Id&#233;es. Explorez les chantiers en cours des S&#233;minaires Universit&#233; Nomade : articles, micro-vid&#233;os, archives et r&#233;flexions collectives autour de Toni Negri. V&#233;ritable laboratoire d'id&#233;es, S E M I N A I R E rassemblait chercheurs, artistes, intellectuels, associations, militants et collectifs de luttes. Seminaire.Samizdat.Net constituait un lieu de r&#233;flexions partag&#233;es et de d&#233;bats ouverts, nourris par la diversit&#233; des approches.</description>
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		<title>S E M I N A I R E</title>
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		<title>M&#233;tamorphose de la Physis - Giordano Bruno </title>
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		<dc:creator>Luca Salza</dc:creator>


		<dc:subject>Luca Salza,Giordano Bruno,infinit&#233; des mondes, vicissitudes des choses, sagesse h&#233;ro&#239;que</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Giordano Bruno : infinit&#233; des mondes, vicissitudes des choses, sagesse h&#233;ro&#239;que&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://seminaire.samizdat.net/Luca-Salza-Giordano-Bruno-infinite" rel="tag"&gt;Luca Salza,Giordano Bruno,infinit&#233; des mondes, vicissitudes des choses, sagesse h&#233;ro&#239;que&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://seminaire.samizdat.net/local/cache-vignettes/L100xH100/arton102-67cd3.png?1757134988' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gr&#226;ce au concept de &#171; vicissitude &#187;, Bruno reconstruit la suite intarissable d'existences successives, la cr&#233;ation continuelle de mondes...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Luca Salza,M&#233;tamorphose de la Physis Giordano Bruno : infinit&#233; des mondes, vicissitudes des choses, sagesse h&#233;ro&#239;que.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;faces de Gianfranco Borrelli, Enrico Nuzzo, Bruno Pinchard, La Citta del Sole - Librairie philosophique J. Vrin, Naples - Paris, 2005. &lt;br class='autobr' /&gt;
Diffusion : Vrin, 6, place de la Sorbonne. 75005 PARIS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;L'objet de ce livre est l'infini dans la pens&#233;e de Giordano Bruno.&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;couverte brunienne ne se limite pas simplement &#224; annoncer l'infinit&#233; spatiale, mais aussi et surtout la pluralit&#233; infinie des mondes qui parvient v&#233;ritablement &#224; faire &#233;clater l'univers. Gr&#226;ce au concept de &#034; vicissitude &#034;, Bruno reconstruit la suite intarissable d'existences successives, la cr&#233;ation continuelle de mondes : son univers vit dans un tourbillon infini, car la succession des mondes n'exclut gu&#232;re leur simultan&#233;it&#233; : des mondes peuvent se succ&#233;der, mais d'autres peuvent vivre ensemble. L'univers est le &#171; produit &#171; toujours nouveau d'une cr&#233;ativit&#233; infinie qui s'inscrit au coeur m&#234;me de l'univers pour ne pas &#234;tre redoubl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte j'ai tent&#233; d'effectuer un rapprochement entre la philosophie du proc&#232;s d'Alfred North Whitehead et la monadologie processive de Giordano Bruno. Les deux penseurs semblent tr&#232;s proches parce qu'ils postulent un univers comme essence en transformation continuelle, dans lequel les rapports entre les choses changent &#224; jamais. C'est la raison pour laquelle, par exemple, Bruno pol&#233;mique contre la &#171; &lt;i&gt;quiddit&#233;&lt;/i&gt;&#171; ou les ecc&#233;it&#233;s scolastiques. Le monde brunien et le monde de Whitehead sont plus qu'en &lt;i&gt;devenir&lt;/i&gt;, en &lt;i&gt;proc&#232;s&lt;/i&gt; : la &#171; &lt;i&gt;dynamis&lt;/i&gt; &#171; est trop marqu&#233;e par la caract&#233;risation qu'Aristote en a fait selon le mod&#232;le du passage de la puissance &#224; l'acte. Le devenir est ainsi bloqu&#233; par une fin sup&#233;rieure, il devient t&#233;l&#233;ologique, c'est-&#224;-dire que dans l'univers tout a la place qu'il lui faut, toute chose conna&#238;t sa destin&#233;e. Ainsi le devenir atteint toujours un id&#233;al, dans la totalit&#233; et dans ses parties. Le &lt;i&gt;proc&#232;s&lt;/i&gt; brunien et whiteheadien est, en revanche, le flux perp&#233;tuel, le mouvement intarissable qui n'exclut pas la continuit&#233;, l'unit&#233;, sauf qu'il ne la pense pas dans les termes de la permanence toujours &#233;gale &#224; elle-m&#234;me, mais justement dans celui du devenir. Autrement dit, le mouvement du monde ne va pas vers une perfection, c'est son mouvement qui exprime sa perfection. La non-s&#233;paration entre la permanence et le flux, entre la continuit&#233; et le devenir, entre l'unit&#233; et la multiplicit&#233; porte &#224; l'&#233;laboration du concept de Dieu qui n'est nullement statique, poss&#233;dant une r&#233;alit&#233; &#233;minente, en rapport avec un monde enti&#232;rement fluent et ayant une r&#233;alit&#233; d&#233;ficiente. Dieu et le monde sont statiques et fluants, Dieu et le monde sont dans une interaction profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction de cette &#171; &lt;i&gt;nova filosofia&lt;/i&gt; &#171; se fonde alors sur une th&#233;orie de l'univers comme devenir intarissable, &#171; &lt;i&gt;sempre nova copia di materia sottonasce&lt;/i&gt; &#171; , comme production infinie de la multiplicit&#233; infinie, comme engendrement intarissable du toujours nouveau et du toujours diff&#233;rent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai accord&#233; une grande importance aux cons&#233;quences que cette vision du monde a sur l'homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, sur l'&#233;criture de Bruno, &#224; laquelle j'ai consacr&#233; toute la premi&#232;re partie du livre. Pour le Nolain il n'y a pas de doute : un monde nouveau exige une nouvelle langue. Cette exigence comprend une double perspective : d'une part Bruno &#233;labore une langue &#171; expressive &#171; du monde ; de l'autre, comme il est question d'exprimer un monde &#171; infini &#171; , la langue doit aussi avoir le pouvoir de &#171; cr&#233;er &#171; continuellement le monde, elle doit refaire l'univers &#224; chaque instant pour &#171; traduire &#171; son incommensurabilit&#233;. Dans ce prisme, le Nolain abandonne le ressort comique que lui avait l&#233;gu&#233; la tradition &#171; r&#233;aliste &#171; italienne (par exemple l'Ar&#232;tin), pour puiser dans les ressources po&#233;tiques. La fureur symbolise aussi une extraordinaire exp&#233;rience &#171; stylistique &#171; . Le h&#233;ros se met en relation avec la Nature, gr&#226;ce entre autre &#224; son &#171; enthousiasme &#171; po&#233;tique. Le lien entre la d&#233;couverte scientifique et la langue ne consiste donc plus seulement &#224; adapter l'&#233;criture aux changements infinis de la Nature, mais aussi &#224; d&#233;passer la r&#233;alit&#233;, pour faire (&lt;i&gt;poiein&lt;/i&gt;) un nouveau monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxi&#232;me lieu, je me suis interrog&#233; sur la place qui revient &#224; l'homme dans un univers infini. Aussi ai-je d&#251; affronter la question de l'humanisme dans un monde o&#249; l'homme n'a plus de place privil&#233;gi&#233;e, en proposant des comparaisons avec Pascal et Leopardi. La solution adopt&#233;e par Bruno consiste &#224; conf&#233;rer &#224; l'homme un nouveau r&#244;le dans l'exaltation de la m&#233;tamorphose : comme le monde change &#224; chaque instant, l'homme ne peut gu&#232;re pr&#233;tendre &#224; un statut d&#233;fini (comme c'est le cas dans les discussions classiques et humanistes sur l'homme), car il &#171; se retrouve &#171; seulement en changeant continuellement. L'histoire d'Act&#233;on, que Bruno remet au go&#251;t du jour, en fait foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, j'ai analys&#233; les cons&#233;quences de la d&#233;couverte de l'infini sur un plan plus g&#233;n&#233;ral pour l'homme, un plan social et politique. J'ai d&#233;montr&#233; que Bruno est loin de rester indiff&#233;rent &#224; ces retomb&#233;es sur la soci&#233;t&#233;. Bruno pr&#233;cise m&#234;me que sa pens&#233;e est meilleure que le &#171; paradigme &#171; ancien puisqu'elle modifie aussi le rapport de la science avec le monde. C'est justement sur cette question que se produit la rupture brunienne avec le pass&#233;. Pour d&#233;partager les anciens et les modernes, il n'est pas tellement important de savoir quelle est la meilleure science, mais plut&#244;t quelle est celle qui produit les &#171; fruits les plus utiles &#171; . C'est la raison pour laquelle l'&#233;pist&#233;mologie brunienne est &#233;galement une &#233;pist&#233;mologie &#171; sociale &#171; . Ainsi on est &#224; m&#234;me de juger les diff&#233;rentes doctrines seulement &#224; l'aune des cons&#233;quences qu'elles engendrent dans le domaine social. En accordant de l'importance aux retomb&#233;es que la science a dans la soci&#233;t&#233;, Bruno nous montre que la science n'est pas &#233;trang&#232;re aux pr&#233;occupations et aux interrogations sociales. C'est pourquoi Brecht, dans la &lt;i&gt;Vie de Galil&#233;e,&lt;/i&gt; peint la figure de Giordano Bruno en contre jour par rapport au personnage principal. Le Nolain est tr&#232;s rarement cit&#233;, et toujours &#224; demi-mot. Et pourtant il semble bien que Brecht interpr&#232;te toute l'histoire de Galil&#233;e jusqu'&#224; sa capitulation face au Saint Office, en songeant &#224; une alternative. Giordano Bruno est le personnage historique qui repr&#233;sente cette alternative. Brecht porte parfois un jugement tr&#232;s n&#233;gatif sur Galil&#233;e, du fait que la capitulation du Pisan a s&#233;par&#233; d&#233;finitivement la recherche scientifique de son contr&#244;le social. Le drame brechtien est une r&#233;flexion sur une science totalement soumise au contr&#244;le politique et d&#233;pourvue de courage &#233;thique. L'exemple de Bruno, qui r&#233;siste &#224; l'intimidation, est l'exemple d'une science toujours impliqu&#233;e dans le d&#233;bat social : elle ne s'est jamais asservie au pouvoir et, par cons&#233;quent, ne se referme jamais sur elle m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manteau de l'h&#233;r&#233;tique dissimule non pas une v&#233;rit&#233; secr&#232;te, franc-ma&#231;onnique (comme dans la c&#233;l&#232;bre statue de Bruno du Campo de' Fiori &#224; Rome), mais la n&#233;cessit&#233; d'une alliance entre la science et l'humanit&#233;, une philosophie de l'affirmation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;C'est dans un manteau que l'ancien &#233;l&#232;ve de Galil&#233;e, Andrea Sarti, cache le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orisation du lien entre la cosmologie et la politique a &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;e &#224; partir d'un passage du &lt;i&gt;De l'infini.&lt;/i&gt; Bruno y confirme l'id&#233;e - &#233;picurienne - qu'une vraie connaissance de la nature lib&#232;re l'homme de ses petites peurs. La connaissance naturelle, telle que l'avait enseign&#233;e Lucr&#232;ce&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fiori. &#171; hunc igitur terrorem animi tenebrasque necessest / non radii (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et avant lui la &lt;i&gt;Lettre &#224; Menac&#233;e&lt;/i&gt; d'&#201;picure, est le chemin qui m&#232;ne &#224; la vraie moralit&#233;. C'est encore une fois le m&#234;me raisonnement : la science est positive si elle laisse cueillir des fruits nobles et renomm&#233;s, si sa semence permet de r&#233;colter des moissons riches et d&#233;sirables. Force est de constater que la science a principalement le devoir de contribuer au bien-&#234;tre de tous, de laisser pousser des &#171; fruits &#171; positifs, d'atteindre le bien, bref de procurer le &lt;i&gt;salut&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la troisi&#232;me partie, j'ai essay&#233; de d&#233;voiler le contenu de cette r&#233;volution. En restant &#224; la lettre de la cosmologie brunienne, l'homme est effectivement amoindri. Dans mon interpr&#233;tation de l'humanisme j'ai ouvert un dialogue avec la &lt;i&gt;Lettre sur l'humanisme&lt;/i&gt;de Martin Heidegger et j'ai d&#233;couvert que le d&#233;placement de l'homme n'&#233;quivaut pas pour le Nolain &#224; la d&#233;mission de sa &lt;i&gt;vis viva,&lt;/i&gt;de sa cr&#233;ativit&#233;. D'ailleurs, la confrontation avec la &#171; pauvret&#233; &#171; du berger heidegg&#233;rien, avec ce que le philosophe allemand appelle &#171; &lt;i&gt;Gelassenheit &#171; ,&lt;/i&gt; s'enrichit d'une r&#233;f&#233;rence plus proche de Bruno. Le Nolain est contraint de red&#233;finir le rapport entre la primaut&#233; de l'&#234;tre et l'action humaine surtout pour combattre les th&#232;ses luth&#233;riennes. La gr&#226;ce chr&#233;tienne se r&#233;v&#232;le un poids transcendantal insupportable pour la fureur h&#233;ro&#239;que tout comme, selon moi, le &#171; &lt;i&gt;Gelassenheit &#171; &lt;/i&gt; l'est pour l'homme d'aujourd'hui lorsqu'il l'emprisonne dans le &lt;i&gt;statu quo.&lt;/i&gt;M&#234;me si la r&#233;volution copernicienne introduit aussi un changement sur les consid&#233;rations morales, c'est-&#224;-dire la perte de toute centralit&#233; dans l'univers, la fin du privil&#232;ge humaniste, ce n'est pas pour autant que l'homme ne pourra plus donner un sens &#224; son exp&#233;rience dans le monde. Bien au contraire. La r&#233;volution copernicienne est &lt;i&gt;vraie&lt;/i&gt; puisqu'elle peut aussi am&#233;liorer la vie commune. Elle repr&#233;sente une r&#233;elle possibilit&#233; de &lt;i&gt;salut&lt;/i&gt; pour l'humanit&#233;. Une d&#233;couverte &lt;i&gt;scientifique&lt;/i&gt; devient une proposition &lt;i&gt;politique&lt;/i&gt;. Aussi ai-je termin&#233; mon livre par une &#233;tude approfondie du lien &#233;troit que le Nolain noue entre la science et la politique. La rupture scientifique peut inaugurer une nouvelle &#233;poque pour l'humanit&#233;. Les cons&#233;quences que Bruno tire de la d&#233;couverte scientifique de Copernic peuvent repr&#233;senter une v&#233;ritable paling&#233;n&#233;sie pour l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno pense donner un caract&#232;re politique &#224; cette d&#233;couverte en inventant le &lt;i&gt;tissage de liens,&lt;/i&gt;la &#171; politique &#233;rotique &#171; . La r&#233;solution des probl&#232;mes politiques de l'&#233;poque n'est plus confi&#233;e &#224; un roi, par le biais d'une religion fausse, mais &#224; la solidarit&#233; entre les hommes, &#224; l'entrelacs de relations, durables et sinc&#232;res, entre les gens, aux &#171; &lt;i&gt;vincula&lt;/i&gt; &#171; , aux liens, ou mieux aux ligatures, qui ne viennent plus d'en haut, mais qui se forment &#224; partir du bas. La soci&#233;t&#233; sera fond&#233;e sur la &#171; &lt;i&gt;lex amoris&lt;/i&gt; &#171; , sur laquelle Bruno avait &#233;crit dans l'&#233;p&#238;tre liminaire aux &lt;i&gt;Ariculi centum et sexaginta adversus mathematicos atque philosophos&lt;/i&gt;qu'il avait d&#233;di&#233;e &#224; Rodolphe II de Habsbourg, roi de Hongrie et de Boh&#232;me. Il sera question d'unir les hommes, comme l'est la nature, et d'affirmer la &#171; philanthropie &#171; en tant que base d'une &#171; &lt;i&gt;nova religio&lt;/i&gt; &#171; . La &#171; &lt;i&gt;nova religio&lt;/i&gt; &#171; sera ce qui permettra d'unir &#224; nouveau tous les hommes par l'attraction passionnelle, par l'amour, expression humaine de l'analogie universelle, de la sympathie, des correspondances naturelles. Le propre de la &#171; nouvelle religion &#171; sera de r&#233;tablir le contact avec ce tout, en rendant &#171; &#233;rotique &#171; notre rapport au monde. Toute la difficult&#233; de l'activit&#233; de &#171; ligature &#171; consiste dans l'inclassabilit&#233; et l'extr&#234;me plasticit&#233; du genre humain. Le r&#244;le d'une &#171; politique &#233;rotique &#171; sera de faire suivre aux hommes les mouvements de la nature, gr&#226;ce aux m&#233;tamorphoses continuelles. Ici le Nolain lie v&#233;ritablement ses notions de m&#233;taphysique naturelle avec des observations d'ordre &#171; politique &#171; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esquisse d'un rapprochement entre la cosmologie et la politique, la m&#233;taphysique et la praxis, repr&#233;sente la &#171; parole non dite &#171; de la &#171; &lt;i&gt;Nolana filosofia&lt;/i&gt;&#171; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre na&#238;t aussi de la tentative de lib&#233;rer enfin cette parole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;C'est dans un manteau que l'ancien &#233;l&#232;ve de Galil&#233;e, Andrea Sarti, cache le livre r&#233;volutionnaire de son ma&#238;tre, en lui permettant de passer la fronti&#232;re italienne, &#224; la fin de la &lt;i&gt;Vie de Galil&#233;e&lt;/i&gt;, et c'est par son manteau que Bruno d&#233;montre son attachement &#224; l'humanit&#233; dans B. Brecht, &lt;i&gt;Der mantel des Ketzers&lt;/i&gt;, in &lt;i&gt;Kalender Geschichten&lt;/i&gt;, Berlin, 1953 (traduction fran&#231;aise par R. Ballang&#233; et M. Regnaut&lt;i&gt;Le manteau de l'h&#233;r&#233;tique&lt;/i&gt;, in &lt;i&gt;Histoires d'almanach&lt;/i&gt;, Paris, L'Arche, 1983, pp. 48-58). Le manteau symbolise donc cette alliance, et non pas le secret d'une mission &#171; franc-ma&#231;onnique &#171; , comme c'est le cas dans la statue de Campo d&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fiori.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#171; hunc igitur terrorem animi tenebrasque necessest / non radii solis neque lucida tela diei / discutiant, sed naturae species ratioque &#171; , &lt;i&gt;De rerum natura&lt;/i&gt;, I, 146-148, mais aussi II, 60-62 ; III, 91-93 ; VI, 39-41 : &#171; Cette terreur et ces t&#233;n&#232;bres de l'&#226;me, il faut donc que les dissipent non les rayons du soleil ni les traits lumineux du jour, mais la vue de la nature et son explication &#171; (trad. Ernout). Deleuze a fait magistralement remarquer le lien qui subsiste entre le naturalisme et une philosophie de l'affirmation, cf. G. Deleuze, &lt;i&gt;Lucr&#232;ce et le simulacre&lt;/i&gt;, in &lt;i&gt;Logique du sens&lt;/i&gt;, Paris, Minuit, 1969, pp. 307-324, en particulier les pages 323-324&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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