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	<title>S E M I N A I R E</title>
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	<description>S&#233;minaires Universit&#233; Nomade, Chantiers en Cours et Laboratoire d'Id&#233;es. Explorez les chantiers en cours des S&#233;minaires Universit&#233; Nomade : articles, micro-vid&#233;os, archives et r&#233;flexions collectives autour de Toni Negri. V&#233;ritable laboratoire d'id&#233;es, S E M I N A I R E rassemblait chercheurs, artistes, intellectuels, associations, militants et collectifs de luttes. Seminaire.Samizdat.Net constituait un lieu de r&#233;flexions partag&#233;es et de d&#233;bats ouverts, nourris par la diversit&#233; des approches.</description>
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		<title>S E M I N A I R E</title>
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		<title>La planification urbaine au XXIe si&#232;cle</title>
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		<dc:creator>Bernard Guibert</dc:creator>


		<dc:subject>Bernard Guibert,d&#233;veloppement durable, &#233;tat-providence,RMI, commun, commun privatis&#233;, bien public et propri&#233;t&#233; commune, multitude &#233;cologique, &#233;conomie de rentiers, rente, mondialisation lib&#233;rale , m&#233;gapoles, </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un retour de balancier historique vers une &#233;conomie de rentiers pr&#232;s de trois quarts de si&#232;cle apr&#232;s leur quasi-disparition&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://seminaire.samizdat.net/bernard-guibert-18/" rel="directory"&gt;Bernard Guibert&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://seminaire.samizdat.net/Bernard-Guibert-developpement" rel="tag"&gt;Bernard Guibert,d&#233;veloppement durable, &#233;tat-providence,RMI, commun, commun privatis&#233;, bien public et propri&#233;t&#233; commune, multitude &#233;cologique, &#233;conomie de rentiers, rente, mondialisation lib&#233;rale , m&#233;gapoles, &lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://seminaire.samizdat.net/local/cache-vignettes/L100xH100/arton143-38334.png?1757120637' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Selon les travaux de Thomas Picketty sur les revenus des 30 000 foyers les plus riches en France sur une p&#233;riode d'un si&#232;cle on verrait se reconstituer &#224; partir des ann&#233;es 80 une classe de &#034;rentiers&#034; richissimes, ces oisifs qui avaient disparu avec la guerre de 14-18 et dont les revenus seraient en moyenne de l'ordre de 1 &#224; 500 par rapport au SMIC.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je m'inspire des th&#233;ories de Walter Benjamin en appliquant son proc&#233;d&#233; de la cam&#233;ra obscura suivant lequel notre microcosme est isomorphe &#224; notre macrocosme, d&#233;sormais &#034;l'empire-monde-archipel&#034;. Cet &#034;escamotage&#034; de toute mat&#233;rialit&#233; pour la m&#233;diation se traduit non seulement par de nouvelles formes de crise, des bulles sp&#233;culatives qui gonflent et explosent, qu'elles soient dans les nouvelles technologies ou dans l'immobilier, mais &#233;galement en r&#233;gime de croisi&#232;re, &#8212; &#224; supposer qu'il puisse s'en &#233;tablir un &#8212;, par une cr&#233;ation mon&#233;taire qui est dans un facteur de l'ordre de 1 &#224; 100 par rapport aux besoins de monnaie pour les transactions r&#233;elles commerciales courantes. D'o&#249; un &#034;&#233;quivalent-stock&#034; de monnaie th&#233;sauris&#233;e colossal qui cherche des valeurs refuges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; un retour de balancier historique vers une &#233;conomie de rentiers pr&#232;s de trois quarts de si&#232;cle apr&#232;s leur quasi-disparition. Keynes avait un peu pr&#233;matur&#233;ment pens&#233; que l'&#201;tat-providence allait fatalement les euthanasier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Selon les travaux de Thomas Picketty sur les revenus des 30 000 foyers les plus riches en France sur une p&#233;riode d'un si&#232;cle on verrait se reconstituer &#224; partir des ann&#233;es 80 une classe de &#034;rentiers&#034; richissimes, ces oisifs qui avaient disparu avec la guerre de 14-18 et dont les revenus seraient en moyenne de l'ordre de 1 &#224; 500 par rapport au SMIC. Les m&#233;canismes de cet &#034;enrichissement sans cause&#034;, &#8212; en dormant comme disait Fran&#231;ois Mitterrand &#8212;, sont bien connus : stock options, frais de fonction etc..&lt;br class='autobr' /&gt;
La cartographie de cette nouvelle rente g&#233;n&#233;ralis&#233;e (rente fonci&#232;re, rente d'innovation technologique, rente de monopole sur la brevetabilit&#233; du vivant et de la cervelle etc.) &#233;pouse la topologie de l'empire-monde-archipel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc une r&#233;surrection de la rente au sens le plus ordinaire du mot, &#233;vidente lorsqu'on voit la sp&#233;culation immobili&#232;re, notamment dans les grandes villes comme Paris. Mais en m&#234;me temps que ce retour massivement quantitatif de la rente on voit qu'il existe une m&#233;tamorphose qualitative des rapports sociaux qui consolident les privil&#232;ges des n&#233;o-rentiers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais en m&#234;me temps la pseudo-marchandise Terre ne peut pas &#234;tre produite spontan&#233;ment par le march&#233;. Il faut donc pilier une production politique de cette pseudo-marchandise. C'est ce qu'on appelait autrefois la planification. Et on comprend bien, pour filer la m&#233;taphore de Marx, qu'il faut bien une coordination dans un couple pour que sa danse reste harmonieuse. De la m&#234;me mani&#232;re il faut qu'il y ait une planification des rapports entre les diff&#233;rentes cat&#233;gories de propri&#233;taires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour interpr&#233;ter cette m&#233;tamorphose qualitative je me sers donc de la m&#233;thode que Walter Benjamin a utilis&#233;e pour comprendre la morphologie de l'urbanisme de Paris au 19e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sumer mon propos, je reprendrai la c&#233;l&#232;bre all&#233;gorie de Marx dans le chapitre intitul&#233; la &#034;formule trinitaire du capital&#034; &#224; la fin du Capital : Monsieur le Capital entra&#238;ne Madame la Terre dans un &#034;ballet fantastique&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Madame la Terre est l'all&#233;gorie de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re, c'est-&#224;-dire le troisi&#232;me rapport de distribution, le rapport social de rente.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je transpose cette all&#233;gorie du 19e si&#232;cle au XXIe si&#232;cle en jouant sur le double sens, en fran&#231;ais, du mot Terre dont le &#034;t&#034; majuscule peut aussi bien d&#233;signer l'all&#233;gorie de la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re que l'all&#233;gorie de la plan&#232;te Terre, c'est-&#224;-dire &#224; notre &#233;poque, l'all&#233;gorie de la &#034;mondialisation lib&#233;rale&#034; : &#034;le Monde n'est pas une marchandise&#034;... Ce jeu de mot est d'autant plus l&#233;gitime que le &#034;ballet fantastique&#034;, sugg&#233;r&#233; par Marx concerne &#233;galement le vaisseau spatial de la plan&#232;te Terre d&#233;sormais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma transposition consiste simplement &#224; postuler que d&#233;sormais la partenaire de Monsieur le Capital dans son ballet fantastique, Madame la plan&#232;te Terre, n'est plus terrestre mais virtuelle. Tel le filet de Hagen de l'anneau des Nibelungen la &#034;toile&#034; &#034;d&#233;localise&#034; la mondialisation lib&#233;rale, &#034;d&#233;territorialise Madame la Terre&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en stylisant ainsi mon propos je le caricature. En effet le d&#233;couplage entre le monde des repr&#233;sentations f&#233;tichis&#233;es et les corps r&#233;els ne peut pas &#234;tre total.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment cette tendance &#224; la d&#233;territorialisation de la Terre qui n'est qu'un avatar de la d&#233;mat&#233;rialisation de la monnaie capitaliste imprime en retour son sceau sp&#233;cifique sur l'organisation territoriale d&#232;s m&#233;gapoles du XXIe si&#232;cle ?. Telle est ma question, &#034;constructiviste&#034;, de savoir quels sont d&#233;sormais nos sch&#232;mes a priori de construction de nos espaces urbains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T&#233;l&#233;charger le fichier ci-joint pour lire la suite...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le commun infini de la multitude</title>
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		<dc:date>2005-12-07T21:23:06Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Guibert</dc:creator>


		<dc:subject>Bernard Guibert,d&#233;veloppement durable, &#233;tat-providence,RMI, commun, commun privatis&#233;, bien public et propri&#233;t&#233; commune, multitude &#233;cologique, &#233;conomie de rentiers, rente, mondialisation lib&#233;rale , m&#233;gapoles, </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;S&#233;ance du 19 avril 2005 S&#233;minaire Transformations du travail et crise de l'&#233;conomie politique : Les notions de public et de commun dans l'histoire du Welfare-State.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://seminaire.samizdat.net/bernard-guibert-18/" rel="directory"&gt;Bernard Guibert&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://seminaire.samizdat.net/Bernard-Guibert-developpement" rel="tag"&gt;Bernard Guibert,d&#233;veloppement durable, &#233;tat-providence,RMI, commun, commun privatis&#233;, bien public et propri&#233;t&#233; commune, multitude &#233;cologique, &#233;conomie de rentiers, rente, mondialisation lib&#233;rale , m&#233;gapoles, &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://seminaire.samizdat.net/local/cache-vignettes/L100xH100/arton140-905a8.png?1757092410' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsqu'il y a une vingtaine d'ann&#233;es j'ai travaill&#233; dans l'administration de l'&#201;tat-providence, en particulier au moment de la cr&#233;ation du RMI, j'ai mesur&#233; les limites du calcul auquel s'est heurt&#233; la doctrine de la fin du 19e si&#232;cle qui est &#224; la base de l'&#201;tat-providence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'hypoth&#232;se de travail dont je veux vous convaincre du bien-fond&#233; en faisant appel &#224; votre intuition est la suivante : le commun de la multitude est doublement infini ; il n'a ni terme dans le temps ; ni fronti&#232;re dans l'espace public. Ni dans sa chronologie. Ni dans sa topologie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je partirai pour cela du titre du papier que j'avais diffus&#233; pour pr&#233;parer le s&#233;minaire d'aujourd'hui : &#034;G&#233;n&#233;rations de tous les temps unisson nous&#034;. Et j'explore les trois types d'apories auquel ce slogan se heurte quand on le compare au c&#233;l&#232;bre &#034;Prol&#233;taire de tous les pays unissez-vous&#034;, &#224; partir de trois moments de mon exp&#233;rience professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Lorsqu'il y a une vingtaine d'ann&#233;es j'ai travaill&#233; dans l'administration de l'&#201;tat-providence, en particulier au moment de la cr&#233;ation du RMI, j'ai mesur&#233; les limites du calcul auquel s'est heurt&#233; la doctrine de la fin du 19e si&#232;cle qui est &#224; la base de l'&#201;tat-providence, le solidarisme de Bourgeois, de Duguit et Durkheim : l'individualisme m&#233;thodologique est incapable de penser la solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle. Le commun, ce n'est ni le tout, ni l'addition des individus. &lt;br class='autobr' /&gt;
2) J'ai explor&#233; le second ensemble de limites auxquelles se heurte la solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle lorsqu'au sein du minist&#232;re de l'environnement j'ai r&#233;fl&#233;chi &#224; l'articulation entre ce qui est devenu le mot valise du d&#233;veloppement durable et le principe de pr&#233;caution. Ce sont aussi les limites du calcul.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref il y a une part du commun irr&#233;ductible au cognitif. Par provocation on pourrait donner &#224; cette diff&#233;renciation interne du commun le nom de bapt&#234;me de &#034;capital incognitif&#034;. J'en viens ainsi &#224; proposer d'instaurer une c&#233;r&#233;monie annuelle comm&#233;morative &#224; la m&#233;moire du &#034;capital inconnu&#034;, auquel les g&#233;n&#233;rations futures seront tenues d'&#234;tre &#233;ternellement reconnaissantes.&lt;br class='autobr' /&gt;
3) Ma troisi&#232;me exp&#233;rience est moins professionnelle que politique : en affinit&#233; avec mon militantisme chez les Verts, j'ai &#233;t&#233; conduit &#224; organiser avec un ami, &#233;conomiste comme moi &#233;galement, Serge Latouche, deux colloques qui ont fini par aborder la question de la compatibilit&#233; entre l'approfondissement de la d&#233;mocratie et la rupture avec le productivisme, rupture qui prend la forme provocatrice du slogan de la &#034;d&#233;croissance&#034;. La solidarit&#233; avec les g&#233;n&#233;rations futures bute alors sur le d&#233;fi d'une accumulation primitive &#224; l'envers que j'ai baptis&#233;e au colloque Marx IV de septembre dernier (2004) &#034;exploitation mini&#232;re des g&#233;n&#233;rations futures&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
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		<title>G&#233;n&#233;rations de tous les temps, unissons-nous </title>
		<link>https://seminaire.samizdat.net/bernard-guibert-18/Generations-de-tous-les-temps</link>
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		<dc:date>2005-08-27T18:21:09Z</dc:date>
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		<dc:creator>Bernard Guibert</dc:creator>


		<dc:subject>Bernard Guibert,d&#233;veloppement durable, &#233;tat-providence,RMI, commun, commun privatis&#233;, bien public et propri&#233;t&#233; commune, multitude &#233;cologique, &#233;conomie de rentiers, rente, mondialisation lib&#233;rale , m&#233;gapoles, </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Th&#233;orie de la d&#233;croissance&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://seminaire.samizdat.net/bernard-guibert-18/" rel="directory"&gt;Bernard Guibert&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://seminaire.samizdat.net/Bernard-Guibert-developpement" rel="tag"&gt;Bernard Guibert,d&#233;veloppement durable, &#233;tat-providence,RMI, commun, commun privatis&#233;, bien public et propri&#233;t&#233; commune, multitude &#233;cologique, &#233;conomie de rentiers, rente, mondialisation lib&#233;rale , m&#233;gapoles, &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://seminaire.samizdat.net/local/cache-vignettes/L100xH100/arton83-12bce.png?1757120637' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Mais le concept de d&#233;veloppement durable, qui &#233;tait progressiste en 1992 a &#233;t&#233; progressivement d&#233;natur&#233; et r&#233;cup&#233;r&#233; par nos &#233;conomies de march&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#233;croissance : pourquoi, comment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de d&#233;croissance est-il la nouvelle fronti&#232;re du d&#233;veloppement soutenable ou le renouvellement de la r&#233;flexion sur les comportements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi l'altermondialisme doit-il prendre au s&#233;rieux la th&#233;orie de la &#034; d&#233;croissance &#034; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de leur fondamentaux, le plus fondamental parmi tous leurs fondamentaux, au nom de la &#034;solidarit&#233; avec les g&#233;n&#233;rations futures&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re &#034;na&#239;ve&#034; &#034;l'altermondialisme veut l&#233;guer&#034; aux g&#233;n&#233;rations futures une plan&#232;te Terre viable c'est-&#224;-dire le &lt;i&gt;vaisseau spatial&lt;/i&gt;de la plan&#232;te Terre o&#249; existent toujours les conditions naturelles d'existence de l'esp&#232;ce humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'intuition qui est &#224; la base de nos engagements militants est que, dans le langage de &#034;la boutique&#034;, dans le langage des &#034;petits commer&#231;ants&#034; qui pourtant n'est pas le fonds de commerce &#034;de l'altermondialisme, nous &#171; mangeant notre capital&#034;, notre &#034;capital naturel&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249;, historiquement, la &#034;vertu p&#233;dagogique&#034; du d&#233;veloppement durable d&#233;fini par le rapport Brundtland en 1987 au moment de la pr&#233;paration du sommet de la Terre de Rio de Janeiro de juin 1992 : &#034;le d&#233;veloppement durable est le d&#233;veloppement qui permet de satisfaire les besoins des g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes sans compromettre les capacit&#233;s des g&#233;n&#233;rations futures &#224; satisfaire les leurs.&#034; cette d&#233;finition a &#233;t&#233; introduite dans la l&#233;gislation fran&#231;aise nationale dans l'article un de la loi Barnier du 2 f&#233;vrier 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'altermondialisme cette d&#233;finition de d&#233;veloppement durable pourrait &#234;tre rapproch&#233;e du principe de responsabilit&#233; &#233;nonc&#233; en 1979 par Hans Jonas, un des p&#232;res spirituels de l'&#233;cologie politique. Selon celui-ci l'imp&#233;ratif cat&#233;gorique qui s'impose en cette fin de XXe si&#232;cle s'inspire et g&#233;n&#233;ralise la maxime kantienne : &#034; Agis de mani&#232;re &#224; ce que les g&#233;n&#233;rations futures puissent conna&#238;tre une existence &lt;i&gt;authentiquement humaine&lt;/i&gt;(c'est-&#224;-dire digne d'&#234;tre v&#233;cue).&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;finition minimale de cette existence authentiquement humaine semble identique &#224; celle du d&#233;veloppement durable : la capacit&#233; &#224; satisfaire les &lt;i&gt;besoins&lt;/i&gt;mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le concept de d&#233;veloppement durable, qui &#233;tait progressiste en 1992 a &#233;t&#233; progressivement d&#233;natur&#233; et r&#233;cup&#233;r&#233; par nos &#233;conomies de march&#233;. Aujourd'hui le d&#233;veloppement durable devient la &#171; nouvelle fronti&#232;re &#171; de l'&#233;conomie de march&#233;. L'environnement devient le dernier &lt;i&gt;cr&#233;neau&lt;/i&gt;des fonds de placement &#233;thiques &#224; la recherche de forts taux de retour sur investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce n'est pas la subtilit&#233; s&#233;mantique qui consiste &#224; changer d&#233;veloppement &lt;i&gt;durable&lt;/i&gt;en d&#233;veloppement &lt;i&gt;soutenable&lt;/i&gt;, subtilit&#233; s&#233;mantique qui &#233;chappe au commun des mortels en dehors des Verts, des altermondialistes et de quelques initi&#233;s, qui change les choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc r&#233;veiller notre vigilance &#233;cologique anesth&#233;si&#233;e par les sir&#232;nes de l'&#233;conomie de march&#233; et apr&#232;s avoir milit&#233; pour le d&#233;veloppement durable, le d&#233;noncer. Faut-il pour autant &#034; br&#251;ler ce que nous avons ador&#233;&#034; parce que, au fond, le d&#233;veloppement durable porte atteinte aux g&#233;n&#233;rations futures ? Faut-il d&#233;sormais militer pour la &#034;d&#233;croissance&#034; par fid&#233;lit&#233; au &#171; principe de responsabilit&#233; &#171; avec les g&#233;n&#233;rations futures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est de cette fid&#233;lit&#233; &#233;thique que je partirai. Notre slogan, au fond, devrait &#234;tre &#171; g&#233;n&#233;rations de tous les temps unisson nous ! &#171; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon expos&#233; s'articulera en deux parties :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 ce qui nous unit avec le mouvement social : fid&#233;lit&#233; &#224; la solidarit&#233; sociale n&#233;e au 19e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 ce qui nous distingue du mouvement social au XXIe si&#232;cle : la solidarit&#233; avec les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi l'&#233;conomiste et &#233;cologiste s'opposent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; solidarisme &#171; , &#8212; l'&#201;tat-providence &#8212;, est ambigu : il n'est pas en rupture avec l'&#233;conomie de march&#233;. En effet l'&#201;tat-providence, &#8212;les assurances sociales&#8212;, repose sur ce qu'est &#034; l'int&#233;r&#234;t bien compris &#034; du donnant-donnant entre contemporains, de l'&#233;change d'&#233;quivalents au coeur de l'&#233;conomie de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on se r&#233;f&#232;re aux fondateurs de l'&#233;conomie politique moderne, et en particulier &#224; Adam Smith, la meilleure solidarit&#233; est r&#233;alis&#233;e par le march&#233; dans la mesure o&#249; le march&#233; rend inutile tout autre m&#233;canisme que l'&#233;go&#239;sme bien compris. C'est la phrase c&#233;l&#232;bre d'Adam Smith : &#171; Je n'attends pas de la bienveillance de mon boucher la satisfaction de mes besoins mat&#233;riels &#171; . Mais le moteur de l'&#233;change marchand, c'est l'&#233;go&#239;sme. Comme dit un proverbe lyonnais : &#171; Si chacun pensait bien &#224; soi on n'aurait pas besoin de penser aux autres &#171; . Soyez &#233;go&#239;stes : la solidarit&#233; de la main invisible vous sera donn&#233;e de surcro&#238;t. Cela renvoie &#233;galement &#224; la th&#233;orie de Mandeville selon lequel les vices priv&#233;s aboutissent &#224; la vertu publique. Ainsi le dialogue entre l'&#233;conomiste et &#233;cologiste est un dialogue de sourds. La soutenabilit&#233; faible consiste &#224; internaliser les co&#251;ts. Elle consiste &#233;galement &#224; substituer sans limite le capital artificiel au capital naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les &#233;conomistes, si les individus le d&#233;cident, il n'y aucun inconv&#233;nient &#224; remplacer les fleurs naturelles par des fleurs en mati&#232;re plastique. Il n'y aucun inconv&#233;nient &#224; conserver la nature dans des conservatoires ou dans des banques de g&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;cologistes eux sont pessimistes. Ils pensent qu'il y a des d&#233;cisions r&#233;versibles et d'autres qui sont irr&#233;versibles. Dans ce dernier cas ils affirment qu'il faut faire jouer le &lt;i&gt;principe de pr&#233;caution&lt;/i&gt;. Quand on ne sait pas, il faut d'une part chercher &#224; savoir. Mais en attendant de savoir que, il faut pouvoir continuer &#224; &#171; donner &#171; . Ainsi les &#233;cologistes rejoignent les anthropologues qui rappellent &#224; juste titre qu'au-dessus des lois du march&#233;, par-del&#224; les si&#232;cles des si&#232;cles, il y a une &#233;conomie de don sans laquelle l'&#233;conomie de march&#233; ne subsisterait pas une seule seconde. Ainsi avant de penser &#224; reproduire l'&#233;conomie de &lt;i&gt;march&#233;,&lt;/i&gt;il faut &#224; tout prix reproduire l'&#233;conomie du &lt;i&gt;don&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes sont optimistes : selon eux la somme totale du capital naturel et du capital artificiel s'accro&#238;t avec le temps, m&#234;me s'il y a substitution du capital artificiel au capital naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;cologistes par contre sont pessimistes. Ils pensent que la destruction du capital naturel n'est pas compens&#233;e par l'augmentation du capital artificiel. En cons&#233;quence les &#233;cologistes plaident pour qu'il y ait un taux d'int&#233;r&#234;t n&#233;gatif. Cela signifie que les &#233;cologistes plaident pour que l'int&#233;r&#234;t des g&#233;n&#233;rations futures prime l'int&#233;r&#234;t des g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;n&#233;rations de tous les temps, unissons-nous !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mission historique qui incombe &#224; l'&#233;cologie politique, dans la conjoncture mondiale actuelle, consiste &#224; substituer au fameux slogan du 19e si&#232;cle &#171; Prol&#233;taires de tous les pays, unissez-vous ! &#171; Un nouveau slogan, le slogan du XXIe si&#232;cle si vous voulez, &#171; G&#233;n&#233;rations de tous les temps, unissons-non ! &#171; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;cologie radicale r&#233;ussissait cette transformation elle s'affirmerait d'abord en continuit&#233; avec les id&#233;aux de solidarit&#233; sociale n&#233;s au 19e si&#232;cle. Cela est justifi&#233; dans la mesure o&#249; l'&#233;cologie politique a d&#233;montr&#233; les liens entre l'&#233;cologique et le social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation &#233;conomique et sociale actuelle, &#8212; le capitalisme pour l'appeler par son nom &#8212;, devrait &#234;tre plut&#244;t consid&#233;r&#233;e comme un manque d'organisation, comme une &#171; d&#233;sorganisation &#171; , comme un d&#233;ficit g&#233;n&#233;ralis&#233; de r&#233;gulation et de ma&#238;trise. Ces d&#233;sordres et ses instabilit&#233;s, ces crises dont le seul rem&#232;de pr&#233;conis&#233; est la fuite en avant dans une croissance productiviste, g&#233;n&#232;rent des d&#233;g&#226;ts aussi bien pour l'environnement, menace sur le climat, destruction de la biodiversit&#233; etc., que pour le social : accroissement exponentiel des in&#233;galit&#233;s et de la mis&#232;re, &#233;conomie mafieuse, terrorisme etc. La solidarit&#233; qui devait &#234;tre prioritairement sociale au 19e si&#232;cle devait inclure l'environnement au XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet le d&#233;veloppement de la science de la technique est tel que d&#233;sormais ce ne sont pas seulement les conditions artificielles de &lt;i&gt;production&lt;/i&gt;qui sont perp&#233;tuellement r&#233;volutionn&#233;es mais les conditions naturelles de &lt;i&gt;reproduction&lt;/i&gt;de l'&#234;tre humain : l'air qu'il respire, l'eau qu'il boit, la nourriture qu'il mange, les m&#233;dicaments qui perdent de leur efficacit&#233;, les nouvelles maladies qui apparaissent, sans compter les risques de rayonnements ionisants, le bouleversement du climat, la destruction de la biodiversit&#233; etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La doctrine d'inspiration socialiste qui &#224; la fin du 19e si&#232;cle a syst&#233;matis&#233; ce devoir de solidarit&#233; sociale entre les humains face aux d&#233;g&#226;ts sociaux du capitalisme s'appelle le &#171; solidarisme &#171; , dont les th&#233;ories ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es par Duguit, Bourgeois, Gide (l'&#233;conomiste oncle de l'&#233;crivain Andr&#233; Gide) etc..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; solidarisme &#171; , selon l'&#233;cologie radiacle, doit &#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233; dans le XXe si&#232;cle &#224; l'environnement. Et r&#233;ciproquement ce &#171; solidarisme &#233;cologique &#171; doit renforcer en retour la &#171; solidarit&#233; sociale &#171; primitive dans la mesure o&#249; l'acc&#232;s aux diff&#233;rents moyens de se prot&#233;ger des catastrophes environnementales g&#233;n&#233;r&#233;es par le capitalisme est tellement in&#233;gal et que le meilleur moyen de les pr&#233;venir consiste &#224; miser sur les valeurs de solidarit&#233;, valeur diam&#233;tralement oppos&#233;e &#224; celles qu'exaltent l'esprit de comp&#233;tition et la recherche du profit maximum qui caract&#233;risent &#171; les soci&#233;t&#233;s de march&#233; &#171; dans lesquelles nous vivons que nous le voulions ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avec l'&#233;cologie politique la solidarit&#233; entre contemporains dans le domaine du social et de l'environnement, solidarit&#233; qui pourrait &#234;tre justifi&#233;e de mani&#232;re &#233;go&#239;ste comme la d&#233;fense de l'int&#233;r&#234;t bien compris de tous, se double d'un souci qui para&#238;t, de prime abord, radicalement d&#233;sint&#233;ress&#233; et neuf, le &lt;i&gt;souci des g&#233;n&#233;rations futures&lt;/i&gt;. Ce &lt;i&gt;souci&lt;/i&gt;existait d&#233;j&#224; dans le &#171; solidarisme &#171; qui inspire en grande partie l'&#201;tat-providence. Apr&#232;s tout la &lt;i&gt;solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle&lt;/i&gt;se concr&#233;tise d&#233;j&#224; avec la g&#233;n&#233;ration qui suit et la g&#233;n&#233;ration qui pr&#233;c&#232;de par la retraite par r&#233;partition et par la politique familiale : la g&#233;n&#233;ration qui produit la richesse par son travail est solidaire de ses ascendants qui sont &#224; la retraite et de ses enfants qu'elle &#233;l&#232;ve et &#233;duque. En ajoutant &#224; cette composante sociale et &#233;conomique de la solidarit&#233; entre les g&#233;n&#233;rations une composante environnementale correspondant au souci vis-&#224;-vis des conditions naturelles d'existence sans lesquelles l'humanit&#233; ne peut m&#234;me pas survivre, il semble que l'&#233;cologie politique ne fait que poursuivre le solidarisme du 19e si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois l'&#233;cologie politique ne se contente pas de compl&#233;ter le volet social par le volet environnemental. En se souciant du tr&#232;s long terme, l'&#233;cologie politique va au-del&#224; des deux seules g&#233;n&#233;rations contemporaines de la population active, celle qui pr&#233;c&#232;de (les ascendants) et celle qui suit (les enfants). Elle approfondit l'horizon temporel pour y inclure les g&#233;n&#233;rations qui n'existent pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette solidarit&#233; sociale peut-elle inclure les g&#233;n&#233;rations futures au XXIe si&#232;cle comme nous y invite Hans Jonas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce possible ? Le &#171; solidarisme &#171; du 19e si&#232;cle peut-il inclure au XXIe si&#232;cle les g&#233;n&#233;rations futures des &#171; si&#232;cles des si&#232;cles&#171; &#224; venir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle comme prolongement de la solidarit&#233; du socialisme fran&#231;ais.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan &#233;conomique cette solidarit&#233; implique qu'on mette au point des techniques de calcul et des pr&#233;visions &#224; long terme et qu'on effectue une &#171; pr&#233;voyance g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#171; . Sur le papier rien de plus facile. &#192; part que si au lieu d'avoir une &#171; pr&#233;f&#233;rence &#233;go&#239;ste pour le pr&#233;sent &#171; , ce qui se traduit en calcul &#233;conomique classique par un taux d'int&#233;r&#234;t positif, on se met &#224; avoir un souci &#171; altruiste &#171; pour le futur, on devrait adopter des taux d'int&#233;r&#234;t &lt;i&gt;n&#233;gatifs&lt;/i&gt;. Scandale ! Impensable ! Hurlent en coeur les &#233;conomistes distingu&#233;s qui se trahissent ainsi comme des pr&#233;dicateurs serviles et stipendi&#233;s de la religion du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un taux d'int&#233;r&#234;t &#171; n&#233;gatif &#171; cela d&#233;passe les cat&#233;gories de l'entendement &#233;conomique. Cela n'existe pas pour le calcul &#233;conomique rationnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est doublement iconoclaste et sacril&#232;ge. Non seulement c'est un scandale pour les th&#233;oriciens, mais c'est une folie pour les hommes d'affaires (un scandale pour les juifs et une folie pour les gentils dirait Saint-Paul). En effet, si on fait semblant de croire aux soi-disant th&#233;or&#232;mes de la pseudo science &#233;conomique, l'&#233;conomie n&#233;oclassique d&#233;montre math&#233;matiquement que dans une &#233;conomie de march&#233; concurrentiel &#224; long terme le taux de croissance est &#233;gal au taux d'int&#233;r&#234;t. Si le taux d'int&#233;r&#234;t est n&#233;gatif, la croissance est n&#233;gative. Adieu veaux, vaches, cochons, poulets ! Ainsi le taux d'int&#233;r&#234;t appara&#238;t comme une m&#233;tonymie et une litote du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de l'&#233;cologie politique est donc particuli&#232;rement radical : ou les g&#233;n&#233;rations futures, ou le profit. Il faut choisir. Nous sommes embarqu&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme l'&#233;conomie est une pseudo-science, on pourrait faire une exception &#224; la solidarit&#233; entre humains et laisser cyniquement mourir les &#233;conomistes d'apoplexie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Difficult&#233;s politiques : comment d&#233;mocratiser la solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est sur le plan politique que r&#233;side la plus grande difficult&#233; pour mettre en oeuvre la solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle. En effet le mouvement social a depuis le 19e si&#232;cle une exp&#233;rience de ce qu'est l'&#233;conomie solidaire : &#171; un homme (ou une femme) une voix &#171; . Cela s'oppose &#224; la logique des conseils d'administration des soci&#233;t&#233;s anonymes o&#249; vaut la r&#232;gle : &#171; tant de dollars d'actions, tant de voix &#171; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi &#224; la &#171; gouvernance censitaire &#171; de l'&#233;conomie capitaliste s'oppose la &#171; gouvernance r&#233;ellement d&#233;mocratique &#171; de l'&#233;conomie sociale et solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comment mettre en oeuvre une telle d&#233;mocratie entre les g&#233;n&#233;rations ? Comment faire voter les enfants qui n'existent pas encore ? Cela ressemble aux techniques de fraude &#233;lectorale qui consistent &#224; faire voter les morts. D'o&#249; une crise de l&#233;gitimit&#233; structurelle de la solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle qui redouble la crise de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative que nous vivons actuellement : qui peut pr&#233;tendre l&#233;gitimement &#234;tre le porte-parole des g&#233;n&#233;rations futures et, accessoirement, voter en leur nom ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne semble pas qu'il y ait de solution politique satisfaisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en est r&#233;duit &#224; appliquer aux relations interg&#233;n&#233;rationnelle les r&#232;gles de justice &#233;labor&#233;es par John Rawls. Le &#171; voile d'ignorance &#171; est ainsi particuli&#232;rement bien r&#233;alis&#233; par les g&#233;n&#233;rations futures : &#224; la succession des g&#233;n&#233;rations, il faut que chaque g&#233;n&#233;ration &#171; l&#232;gue &#171; &#224; celle qui lui succ&#232;de autant qu'elle a re&#231;u sans pour autant compromettre sa propre existence. On retrouve ainsi la d&#233;finition canonique du &#171; d&#233;veloppement soutenable &#171; : satisfaire les besoins des g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes sans compromettre la facult&#233; des g&#233;n&#233;rations futures &#224; satisfaire les leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on suppose qu'on puisse quantifier ce que chaque g&#233;n&#233;ration l&#232;gue &#224; la suivante, le &#171; capital naturel &#171; et le &#171; capital artificiel &#171; , comme disent les id&#233;ologues de l'&#233;conomie et qu'on puisse additionner les deux composantes en une seule, le &#171; capital total net &#171; , il faut que cet h&#233;ritage augmente &#224; chaque g&#233;n&#233;ration, ou, tout du moins, ne d&#233;croisse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la pseudo-science &#233;conomique on peut quantifier le capital naturel en argent et donc l'ajouter au capital artificiel. La &#171; soutenabilit&#233; faible &#171; dans ce cadre, est d&#233;finie par Solow comme celle qui assure l'augmentation du capital total quitte &#224; ce qu'on puisse substituer du capital artificiel au capital naturel. Comme les ressources naturelles sont finies (voir le p&#233;trole par exemple) la &#171; soutenabilit&#233; faible &#171; nous promet que notre plan&#232;te Terre deviendra &#224; terme un v&#233;ritable &#171; vaisseau spatial &#171; 100 % artificiel. Toujours dans le cadre n&#233;o-classique la soutenabilit&#233; forte met des &#171; seuils &#171; &#224; l'artificialisation de la nature : on ne peut pas remplacer toutes les fourmis par des &lt;i&gt;animates &lt;/i&gt;. Il faut donc multiplier les &#171; r&#233;serves &#224; peaux rouge &#171; , les &#171; r&#233;serves naturelles &#171; , les banques de g&#232;nes etc.. En attendant des jours meilleurs pour une reconstitution de la nature in vitro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on dessaoule, les d&#233;lires de la pseudo-science &#233;conomiques ont ceci de bon qu'ils invitent &#224; reconsid&#233;rer quelles sont les &#171; richesses &#171; que nous l&#233;guons &#224; nos enfants, comment on les &#171; comptabilise &#171; . On voit alors que la croissance du PIB refl&#232;te mal ce que nous l&#233;guons. Il faudrait se limiter &#224; la FBCF. Et encore on n'aurait que le capital artificiel. Il manquerait le capital naturel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#232;gle inspir&#233;e par John Rawls donnerait quelque chose comme : adopter un sentier de d&#233;veloppement qui ne fait pas baisser la consommation courante (&#224; supposer qu'elle refl&#232;te bien la satisfaction des besoins courants) et augmente les deux composantes &#171; capital naturel &#171; et &#171; capital artificiel &#171; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que dans le cadre actuel, ce soit tr&#232;s difficile &#224; d&#233;montrer, l'intuition des &#233;cologistes est qu'actuellement la croissance du PIB se fait au prix de la destruction du capital naturel, sans que la substitution compense effectivement. On en a des indices avec le &#171; ciseau &#171; que les statistiques permettent d'observer entre les indicateurs de bien-&#234;tre et la croissance du PIB. Notamment dans les pays qui ont &#233;t&#233; les premi&#232;res victimes des politiques ultra-lib&#233;rales, les &#171; r&#233;volutions conservatrices de Reagan et Thatcher &#171; , le bien-&#234;tre diminue alors que le PIB augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc arr&#234;ter cette catastrophe. L'essentiel est que la quantit&#233; de ce que nous d&#233;truisons d&#233;croisse et que la quantit&#233; de ce que nous l&#233;guons, dont une grande partie est &#171; invisible &#171; dans les statistiques en valeurs mon&#233;taires, augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui doit d&#233;cro&#238;tre c'est ce qui est r&#233;pandu sur les affiches publicitaires. Ce qui doit cro&#238;tre c'est ce qui est &#171; invisible pour les yeux &#171; , comme dirait le Petit Prince, et que nous voulons l&#233;guer &#224; nos enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle implique en m&#234;me temps une rupture avec le &#171; solidarisme &#171; .&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut revenir sur cette notion d'h&#233;ritage que nous voulons l&#233;guer aux g&#233;n&#233;rations futures. En effet pas plus qu'il ne peut y avoir de vote interg&#233;n&#233;rationnel, il ne peut y avoir d'&#233;change, a fortiori marchand, entre les g&#233;n&#233;rations. L&#233;guer, cela rel&#232;ve de la logique du don, du don post-mortem, et non pas du donnant-donnant entre vifs. La pr&#233;tention de nos soci&#233;t&#233;s de march&#233; &#224; &#234;tre totalement r&#233;gies par la logique marchande est donc non seulement absolument mensong&#232;re, mais en outre elle va &#224; l'encontre de la logique du don qui est &#224; la base de la &#171; socialit&#233; primaire &#171; gr&#226;ce &#224; laquelle nous nous reconnaissons mutuellement solidaires dans l'appartenance &#224; une m&#234;me humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Selon le philosophe Hans Jonas garantir aux g&#233;n&#233;rations futures une existence authentiquement humaine, une existence authentiquement morale et politique, consiste &#224; leur garantir la possibilit&#233; qu'ils auront de pouvoir donner &#224; leur tour &#224; leurs descendants quelque chose &#224; l&#233;guer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'extension des rapports marchands &#224; toutes les composantes de la nature humaine, y compris sa reproduction, flatte le d&#233;lire insens&#233; de ne devoir notre existence qu'&#224; nous-m&#234;mes : la soci&#233;t&#233; de march&#233; nous somme d'&#234;tre nos propres auteurs, d'&#234;tre tous des &#171; self-made-man &#171; , de ne rien devoir &#224; personne d'autre, ni ascendant, ni enfants, que nous-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne en r&#233;alit&#233; n'y arrive. Personne ne peut y arriver. Cette exigence rend fou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette folie collective grandissante, Alain Ehrenberg l'a d&#233;crit que dans &#171; La fatigue d'&#234;tre soi &#171; . L'effondrement des rep&#232;res, la volont&#233; folle d'&#233;radiquer toute logique du don aboutit &#224; ce que nos soci&#233;t&#233;s sont de plus en plus malades de d&#233;pression permanente et g&#233;n&#233;ralis&#233;e et consomment de plus en plus de drogues, de substituts (alcool, tabac, vitesse, sexe etc.) et d'anti-d&#233;presseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part dans le PIB de cette &#171; mauvaise croissance &#171; augmente et hypoth&#232;que de plus en plus lourdement la capacit&#233; du PIB a contribu&#233; effectivement au &#171; bien-&#234;tre &#171; (welfare).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions qui ont mis en acte pratiquement le &#171; solidarisme &#171; socialiste de la fin du 19e si&#232;cle sont celles de l'&#201;tat-providence. Le syst&#232;me des retraites, le syst&#232;me des transferts de la politique familiale (combinaison des allocations familiales et des m&#233;canismes de l'imp&#244;t sur le revenu) et le syst&#232;me scolaire assurent ainsi des redistributions entre les g&#233;n&#233;rations qui allaient, avant d'&#234;tre menac&#233;es de d&#233;mant&#232;lement par le gouvernement actuel, dans le sens d'un &#233;go&#239;sme intelligent des g&#233;n&#233;rations vivant en m&#234;me temps, les g&#233;n&#233;rations &lt;i&gt;contemporaines&lt;/i&gt;. R&#233;interpr&#233;t&#233;es dans le cadre de la rationalit&#233; instrumentale, elles incarnent l'int&#233;r&#234;t bien compris des diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'affaiblissement de la logique du don approfondit la crise morale et financi&#232;re de l'&#201;tat-providence. A fortiori celui-ci, ext&#233;nu&#233; par la solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle avec les g&#233;n&#233;rations vivantes, ne peut que faillir &#224; l'ambition d'&#233;largir cette solidarit&#233; &#224; toutes les g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La catastrophe semble donc in&#233;vitable. Quelle attitude avoir face &#224; cette &#171; course vers le mur &#171; ? Le slogan de la d&#233;croissance me para&#238;t relever d'une attitude proph&#233;tique qui vise &#224; conjurer ce qu'elle proph&#233;tise, plut&#244;t qu'&#224; le pr&#233;voir. C'est ce que Jean-Pierre Dupuy appelle le &#171; catastrophisme &#233;clair&#233; &#171; . Il rapproche ainsi le Jonas de la Bible, proph&#233;tisant la fin de Ninive, si ses habitants ne se repentent pas, et le Jonas du XXe si&#232;cle, &#233;non&#231;ant le &#171; principe de responsabilit&#233; &#171; . Dans les deux cas il s'agit de ne pas d&#233;sesp&#233;rer de la libert&#233; humaine. Si on veut se moquer de cet ang&#233;lisme que l'&#233;poque tragique que nous vivons appelle, j'&#233;voquerai la figure du professeur Philipinus de l'&#201;toile myst&#233;rieuse de Tintin. Dans un accoutrement digne de Hare Krishna, il se prom&#232;ne dans la ville en frappant un gong et en criant : &#171; la fin est proche. Repentez-vous ! Repentez-vous ! &#171; . Mais dans ce cas il s'agit d'une pr&#233;vision : l'&#201;toile myst&#233;rieuse approche. Le repentir ne peut avoir de cons&#233;quences que dans l'au-del&#224; et non pas en ce bas monde. Il n'en est pas de m&#234;me pour le Jonas de Ninive et le Jonas du XXe si&#232;cle : la croissance aboutira &#224; la catastrophe, c'est-&#224;-dire &#224; la destruction de la plan&#232;te, destruction qui sera pr&#233;c&#233;d&#233;e de guerres g&#233;opolitiques pour le p&#233;trole ou l'eau, que SI, &#8212; et ce SI est essentiel puisqu'il fait toute la diff&#233;rence entre un jugement hypoth&#233;tique et un jugement assertorique &#8212;, vous renoncez &#224; stopper la prolif&#233;ration des m&#233;tastases de la &#171; mauvaise croissance &#171; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; catastrophisme &#233;clair&#233; &#171; , &#8212; pour reprendre l'expression de Jean-Pierre Dupuy &#8212;, &lt;i&gt;est cette logique intertemporelle paradoxale qui consiste &#224; faire en sorte que le fatal ne se r&#233;alise pas, que le certain devienne impossible.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le &#171; slogan de la d&#233;croissance &#171; appara&#238;t comme une variante du &#171; catastrophisme &#233;clair&#233; &#171; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crise en grec signifie jugement. Nous vivons une crise de civilisation dont l'enjeu est la survie m&#234;me de l'humanit&#233;. La solidarit&#233; avec les g&#233;n&#233;rations futures qui est au principe m&#234;me du d&#233;veloppement soutenable a pour degr&#233; z&#233;ro, la possibilit&#233; m&#234;me de venue au monde de ces g&#233;n&#233;rations. Le cynisme absolu consiste &#224; se satisfaire de cette id&#233;e que s'il n'y a plus personne dans le futur a fortiori il n'y aura plus personne pour condamner les g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'oppos&#233; de cet &#233;go&#239;sme absolu, le principe de responsabilit&#233; &#233;nonc&#233; par Hans Jonas, pose que notre imp&#233;ratif moral minimal cat&#233;gorique, &#171; &#233;cologique &#171; , consiste &#224; faire en sorte qu'il puisse y avoir des g&#233;n&#233;rations futures d'&#234;tres authentiquement humains, c'est-&#224;-dire capable de &#171; donner &#171; , pour qu'elles puissent &#234;tre les t&#233;moins de l'Univers et nos juges moraux. Par feed-back sur notre &#233;poque cet imp&#233;ratif cat&#233;gorique comporte un jugement sur notre &#233;conomie-monde, jugement qui doit remettre en cause notre mode de d&#233;veloppement et notre mode de vivre ensemble. Le jugement moral est en m&#234;me temps politique puisque la solidarit&#233; ne peut pas &#234;tre mise en oeuvre de mani&#232;re solitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise de civilisation, &#8212; ce jugement moral port&#233; par les g&#233;n&#233;rations futures sur notre &#233;poque &#8212;, implique une entreprise politique. Elle implique en effet de nouer des alliances politiques pour que le slogan de la d&#233;croissance, la proph&#233;tie du &#171; catastrophisme &#233;clair&#233; &#171; puisse &#234;tre effectivement conjur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec les socialistes h&#233;ritiers du &#171; solidarisme &#171; du 19e si&#232;cle, y compris dans leurs variantes sociale-lib&#233;rales, nous devons d&#233;fendre la solidarit&#233; avec les contemporains, et donc d&#233;fendre les acquis de l'&#201;tat-providence, la solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle concr&#233;tis&#233;e par les transferts li&#233;s aux retraites, &#224; la politique familiale, au syst&#232;me de sant&#233; et au syst&#232;me scolaire, nous devons d&#233;fendre le service public, contre le d&#233;mant&#232;lement n&#233;o-lib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette d&#233;fense contre le d&#233;mant&#232;lement n&#233;o-lib&#233;ral ne peut se contenter de vouloir retourner &#224; l'&#201;tat-providence des 30 glorieuses et de la premi&#232;re gauche. Il faut en effet &#233;largir la solidarit&#233; aux g&#233;n&#233;rations futures et pour cela substituer de plus en plus &#224; la logique du donnant-donnant marchant la logique du don, qui n'a jamais disparu dans l'&#233;conomie domestique et dans l'&#233;conomie sociale et solitaire. Mais pour la &#171; moderniser &#171; afin qu'elle domine un jour la logique du donnant-donnant marchand, il faut commencer par inventorier toutes les composantes non seulement de la richesse marchande (le PIB), mais &#233;galement du non-marchand (la nature et les relations sociales d&#233;sint&#233;ress&#233;es), afin de d&#233;cider ce qui doit cro&#238;tre et ce qui doit diminuer, afin de se lib&#233;rer des &#171; forces aveugles du march&#233; &#171; qui nous font aller droit dans le mur de la guerre, de la mis&#232;re sociale et de la destruction de la vie sur Terre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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