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	<title>S E M I N A I R E</title>
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	<description>S&#233;minaires Universit&#233; Nomade, Chantiers en Cours et Laboratoire d'Id&#233;es. Explorez les chantiers en cours des S&#233;minaires Universit&#233; Nomade : articles, micro-vid&#233;os, archives et r&#233;flexions collectives autour de Toni Negri. V&#233;ritable laboratoire d'id&#233;es, S E M I N A I R E rassemblait chercheurs, artistes, intellectuels, associations, militants et collectifs de luttes. Seminaire.Samizdat.Net constituait un lieu de r&#233;flexions partag&#233;es et de d&#233;bats ouverts, nourris par la diversit&#233; des approches.</description>
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		<title>S E M I N A I R E</title>
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		<title>Mutations et effritement des fronti&#232;res entre travail et hors travail : la productivit&#233; du temps libre</title>
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		<dc:creator>Delphine Vallade</dc:creator>


		<dc:subject>Delphine Vallade, transformations &#233;conomiques, capitalisme cognitif , travail,temps libre, temps de travail </dc:subject>
		<dc:subject>Travail et hors travail</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Travail et hors travail&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://seminaire.samizdat.net/local/cache-vignettes/L100xH100/arton88-26bda.png?1757107349' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet affaiblissement se manifeste tr&#232;s concr&#232;tement &#224; plusieurs niveaux. Par exemple, &#224; travers la difficult&#233; croissante &#224; &#233;valuer la dur&#233;e du travail effectif&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Delphine Vallade&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;MCF Universit&#233; Montpellier III - Rattach&#233;e au LAMETA Universit&#233; Montpellier (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette communication vise &#224; &#233;clairer un ph&#233;nom&#232;ne aujourd'hui commun&#233;ment constat&#233; : l'affaiblissement des fronti&#232;res &lt;a href=&#034;https://seminaire.samizdat.net/antonio-negri/videos-interviews-sons/article/seminaire-transformations-du-travail-et-crise-de-l-economie-politique-du-13-octobre-2004-exposes-c-vercellone-et-d-vallade-1-et-2-partie-et-une&#034;&gt;traditionnelles entre travail et hors travail&lt;/a&gt;. Cet affaiblissement se manifeste tr&#232;s concr&#232;tement &#224; plusieurs niveaux. Par exemple, &#224; travers la difficult&#233; croissante &#224; &#233;valuer la dur&#233;e du travail effectif pour des m&#233;tiers tels que celui d'enseignant, de travailleur social, de commercial, de chef d'entreprise, etc..., mais aussi &#224; travers la diffusion de supports mat&#233;riels identiques dans la sph&#232;re domestique et dans la sph&#232;re professionnelle (ordinateur, multim&#233;dias, t&#233;l&#233;phone portable, etc...). Cet effritement des fronti&#232;res temporelles tient &#233;galement au fait que le temps libre, c'est-&#224;-dire, le temps dont chacun peut user librement, le temps &#224; soi, en dehors du temps professionnel et du temps des contraintes domestiques, tend &#224; devenir un temps &#171; actif&#171; , irr&#233;ductible au repos compensatoire. Diff&#233;rentes sources statistiques indiquent en effet que, depuis une 20taines d'ann&#233;es, le temps libre s'ouvre sur des pratiques artistiques, culturelles et sportives tr&#232;s diversifi&#233;es, ainsi que sur des activit&#233;s b&#233;n&#233;voles, des &#233;changes de services plus ou moins formels ou encore sur des activit&#233;s de formation et d'autoformation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment analyser ces &#233;volutions ? L'affaiblissement de la fronti&#232;re entre travail et hors travail nous renvoie-t-elle &#224; une s&#233;rie d'ajustements dans l'organisation sociale du temps ? Ou, au contraire, est-elle la manifestation d'une transformation profonde de l'&#233;conomie ? La manifestation de ce que Isabelle Billard (1998) appelle une &#171; nouvelle &#233;conomie du temps&#171; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette seconde hypoth&#232;se que nous proposons de d&#233;velopper ici &#224; partir d'une mise en perspective historique du rapport travail/hors travail dans la dynamique longue du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cis&#233;ment, nous souhaitons montrer que, dans la p&#233;riode actuelle, en s'affirmant, la logique cumulative du savoir et de la formation impose progressivement une r&#233;-organisation du rapport travail / non travail, au sein de laquelle le temps libre n'est plus un temps r&#233;siduel, mais un temps op&#233;ratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre d&#233;marche s'appuie sur la construction d'une correspondance entre la r&#233;gulation du syst&#232;me &#233;conomique et la dynamique des &#171; temps sociaux&#171; . Par cette notion, nous proposons d'analyser l'articulation complexe et changeante entre les diff&#233;rents temps qui participent &#224; la production et &#224; la reproduction &#233;conomique et sociale. Autrement dit, dans un mod&#232;le &#233;conomique stabilis&#233;, l'organisation des temps sociaux forme une structure coh&#233;rente qui assure la reproduction du syst&#232;me. Nous nommons cette structure Unit&#233; Reproductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenir que les transformations &#233;conomiques et sociales en cours se traduisent par une transition vers une nouvelle &#233;conomie du temps implique, d'une part, de rendre compte des &#171; &#233;conomies du temps&#171; ant&#233;rieures et, d'autre part, d'identifier les &#233;l&#233;ments qui montent dans la forme ancienne, en l'alt&#233;rant, et qui sont susceptibles de participer &#224; une nouvelle coh&#233;rence d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans, retracer ici toute une fresque historique, nous proc&#233;derons en deux &#233;tapes. La premi&#232;re partie se centrera sur la gen&#232;se d'une fronti&#232;re entre travail et hors travail et sur la structuration du temps hors travail dans le capitalisme industriel. Les transformations du rapport travail / hors travail enregistr&#233;es tout au long de cette p&#233;riode sont &#224; l'origine d'un &#233;clatement de la structure temporelle industrielle qui se manifeste aujourd'hui, &#224; la fois dans le temps de travail et dans le temps libre. La deuxi&#232;me partie s'attachera &#224; identifier ces contre tendances ainsi que les &#171; potentialit&#233;s contradictoires&#171; port&#233;es par l'&#233;mergence d'une nouvelle unit&#233; reproductive dans la crise contemporaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1&#232;re partie - P&#233;riodisation du rapport travail/hors travail et structuration du temps libre dans le capitalisme industriel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une approche historique, aborder la question du temps libre implique de s'interroger sur son contraire : le temps de travail. L'&#233;mergence de cette cat&#233;gorie analytique, pr&#233;cis&#233;ment &#171; la dur&#233;e du travail&#171; , marque l'ach&#232;vement d'une transition longue entre l'unit&#233; reproductive pr&#233;industrielle et l'organisation sociale du temps propre au capitalisme industriel. Au cours de cette phase transitoire, les processus d'industrialisation et de salarisation engagent une mutation profonde du rapport au temps et de son &#171; d&#233;coupage&#171; . Quels sont les &#233;l&#233;ments significatifs de cette transition ? Suivant quelle rationalit&#233; s'articulent les temps sociaux et comment s'op&#232;rent les ajustements dans l'unit&#233; reproductive industrielle ? Nous montrerons que le d&#233;veloppement d'un temps social de loisir, au cours de l'entre-deux-guerres et apr&#232;s la Lib&#233;ration, participe de cette m&#234;me rationalit&#233;, et ce, malgr&#233; la transformation des modes de vie qui caract&#233;rise la p&#233;riode historique couverte par le capitalisme industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. Configuration des temps sociaux dans le passage d'une &#233;conomie pr&#233;industrielle &#224; une &#233;conomie industrielle : l'&#233;mergence du &#171; temps de travail&#171; et ses implications sur la structure temporelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elles paraissent lointaines, les formes transitoires, &#224; partir desquelles l'organisation sociale du temps bascule d'un monde rural et agricole vers une soci&#233;t&#233; plus urbaine et industrialis&#233;e, rendent compte de processus d'une grande actualit&#233;. En effet, la phase historique, incertaine, au cours de laquelle &#233;merge la notion de &#171; dur&#233;e du travail&#171; , met en jeu des &#171; strat&#233;gies&#171; d'acteurs et des processus d'adaptation en certains points comparables &#224; ceux &#224; l'oeuvre dans la p&#233;riode actuelle. Cette phase de transition entre deux &#233;conomies du temps, impuls&#233;e par le renouvellement de la division du travail, pose les fondements de la structure temporelle industrielle en instaurant une fronti&#232;re entre travail et hors travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition vers une nouvelle &#233;conomie du temps r&#233;sulte, tout d'abord, de la d&#233;construction des temps sociaux anciens, r&#233;gl&#233;s par la production agricole et les modes de vie lui correspondant. Ainsi, d&#232;s le premier quart du 19&#232;me si&#232;cle, le r&#233;am&#233;nagement des rythmes de travail li&#233; &#224; la R&#233;volution Industrielle introduit une s&#233;rie de &#171; contre tendances&#171; dans la dynamique de l'unit&#233; reproductive pr&#233;industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de la production industrielle s'effectue tout un temps &#224; partir de la mobilisation d'ouvriers-paysans dont le temps de travail est d'abord subordonn&#233; au rythme de l'activit&#233; agricole. L'&#233;mergence du statut de salari&#233;, et, avec lui, de la d&#233;finition du travail et du temps de travail, trouve en effet ses racines dans une s&#233;rie de formes transitoires de mobilisation de la main d'oeuvre. La pluriactivit&#233; familiale - qui assure une autoconsommation et/ou un revenu au groupe familial - ou encore, la mobilit&#233; intra-annuelle des ouvriers-paysans entre les activit&#233;s industrielles (elles-m&#234;mes parfois r&#233;alis&#233;es &#224; domicile) et les travaux agricoles constituent autant d'exemples de formes mixtes, significatives du passage d'une unit&#233; reproductive &#224; l'autre (Luciani 1987, Mouriaux 1998).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La salarisation croissante de cette main d'oeuvre, qui repose sur le transfert des familles vers des unit&#233;s urbaines et la recherche de gains salariaux relatifs plus importants, correspond &#224; la d&#233;construction des temps sociaux anciens. En effet, le salariat coupe les &#171; syst&#232;mes familiaux&#171; du produit de leur travail, mettant en cause les structures assurant la coh&#233;rence de l'unit&#233; reproductive pr&#233;industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, les activit&#233;s industrielles et agricoles se dissocient. Plus avant, le d&#233;veloppement de la production industrielle conduit &#224; isoler le temps &#171; productif&#171; des autres temps sociaux et &#224; transf&#233;rer la ma&#238;trise de ce temps aux propri&#233;taires des moyens de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette s&#233;paration du temps de travail des autres temps sociaux, contradictoire avec le mod&#232;le pr&#233;industriel, va de pair avec une nouvelle norme d'efficacit&#233; productive. En effet, dans l'organisation &#233;conomique montante, cette efficacit&#233; proc&#232;de par l'ext&#233;riorisation, hors du temps de travail, des s&#233;quences &#171; improductives&#171; ou &#171; reproductives&#171; , comme le repos quotidien, les temps d'apprentissage ou de discussion, activit&#233;s qui s'entrem&#234;laient dans l'&#233;conomie pr&#233;industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette transition, le travail lui-m&#234;me change de signification (Fridenson, Reynaud dir. 2004). Seule la vente de la force de travail, dans le cadre d'un rapport marchand, est reconnue comme tel. Le temps de travail domestique, mais &#233;galement les temps &#233;ducatifs, qui participent &#224; la reproduction du syst&#232;me &#233;conomique, sont exclus du &#171; temps &#233;conomique&#171; , le temps de travail salari&#233; direct, consid&#233;rer d&#232;s lors comme le seul temps productif. Avec la d&#233;limitation de ce temps de travail la r&#233;f&#233;rence n'est plus la t&#226;che &#224; accomplir mais le travail lui-m&#234;me, appr&#233;hend&#233; par sa dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus d'ext&#233;riorisation, impuls&#233; par une r&#233;gulation centr&#233;e sur la croissance du taux de profit, affecte l'ensemble de la structure temporelle. Le plus souvent abord&#233; du point de vue de la recomposition du temps de travail, &#224; travers la parcellisation des t&#226;ches notamment (Aglietta 1976, Coriat 1979), ce processus est tout aussi d&#233;terminant dans la recomposition qu'il op&#232;re sur le temps hors travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, la dynamique d'&#233;puration du temps de travail conduit &#224; s&#233;parer les actes productifs des actes &#233;ducatifs. Dans l'unit&#233; reproductive pr&#233;industrielle, la transmission des savoir-faire utiles &#224; la production est int&#233;gr&#233;e au temps de travail des enfants. De m&#234;me, l'apprentissage des adultes reste domin&#233; par le syst&#232;me des corporations : dans l'atelier, lieu essentiel de formation, le ma&#238;tre transmet les savoirs et les gestes traditionnels du m&#233;tier, laissant peu de place &#224; l'apprentissage de nouveaux acquis. Aussi, la division du travail propre &#224; la fabrique, qui s'appuie sur la simplification des t&#226;ches et sur la recherche d'un abaissement syst&#233;matique du co&#251;t de la formation dans la valeur de la force de travail, transforme le rapport de l'apprentissage &#224; la production. Elle se traduit concr&#232;tement par un appauvrissement du contenu du travail de l'ouvrier. Dans le m&#234;me temps, elle pose les conditions du d&#233;veloppement de l'&#233;ducation. En effet, en &#171; d&#233;pla&#231;ant&#171; le travail vers des t&#226;ches techniques, d'ing&#233;nierie, d'organisation et d'administration, l'introduction du machinisme s'ouvre sur des besoins consid&#233;rables en formation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'introduction du machinisme, et plus largement la R&#233;volution Industrielle, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, l'ext&#233;riorisation des temps de pause et, plus largement, des temps de r&#233;g&#233;n&#233;ration de la force de travail, hors du temps de travail, implique tr&#232;s t&#244;t de r&#233;server un temps hors travail au repos. Contrairement au temps souple et mall&#233;able du paysan, le temps de l'ouvrier est sous contr&#244;le, rythm&#233; par la cadence de la machine. La lutte contre la porosit&#233; du temps de travail associ&#233; &#224; la m&#233;canisation du proc&#232;s de production, s'ils constituent des vecteurs de croissance de la productivit&#233;, imposent, dans le m&#234;me temps, de restructurer l'ensemble des rythmes du travail et du hors travail. Dans ce sens, la dissociation des diff&#233;rentes s&#233;quences temporelles engendre une transformation du &#171; rapport au temps&#171; . Sans poser imm&#233;diatement les conditions d'un r&#233;el temps libre, le capitalisme industriel naissant appel le d&#233;veloppement d'un temps compensatoire de r&#233;cup&#233;ration des forces physiques et mentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'instauration d'une fronti&#232;re entre travail et hors travail renouvelle les termes de ce que R. Castel (1995) nomme &#171; la question sociale&#171; . En effet, en red&#233;finissant les contours du travail, la mutation engendr&#233;e par l'industrialisation et la salarisation pose le probl&#232;me de la prise en charge du non-travail dans l'organisation &#233;conomique &#233;mergente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;conomie pr&#233;industrielle, la prise en charge des personnes inactives, c'est-&#224;-dire, en incapacit&#233; de travailler, est en majeure partie organis&#233;e au sein de la communaut&#233;. Les structures familiales, les solidarit&#233;s de voisinage ou la charit&#233; paroissiale permettent, le plus souvent, d'assurer l'entretien de ces personnes sans faire appel &#224; d'autres institutions. Avec le d&#233;veloppement du capitalisme industriel, l'affaiblissement des liens familiaux ainsi que la g&#233;n&#233;ralisation des rapports marchands brisent le syst&#232;me des solidarit&#233;s de proximit&#233;. Plus fondamentalement, la r&#233;gulation par le profit se traduit par la recherche d'&#233;conomies syst&#233;matiques sur le capital variable. Celle-ci se concr&#233;tise par une couverture tr&#232;s faible des besoins sociaux et par la refonte des cat&#233;gories d'actifs et d'inactifs. Cette tendance constitue l'une des contradictions inh&#233;rentes au capitalisme industriel : la reproduction de la force de travail est un co&#251;t en m&#234;me temps qu'une condition du processus d'accumulation. Dans ce cadre, la temporalit&#233; courte, propre &#224; l'accumulation, favorise une dissociation entre les besoins imm&#233;diats du capital, couverts par le salaire, d'une part, et l'ensemble des conditions n&#233;cessaires &#224; l'accumulation, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, la prise en charge des temps de non-travail dans l'unit&#233; reproductive industrielle va s'organiser avec la normalisation du statut &#171; d'emploi salari&#233;&#171; . L'ext&#233;riorisation des temps &#171; sous-productifs&#171; tels que le travail des personnes &#226;g&#233;es ou le travail des enfants, pour accro&#238;tre la productivit&#233;, implique en effet la construction de nouvelles formes sociales de solidarit&#233;. La dynamique de structuration conjointe d'une forme d'emploi et des structures assurant l'entretien et la reproduction de la population n'est cependant ni d&#233;terministe, ni lin&#233;aire. Elle repose sur des modalit&#233;s typ&#233;es de croissance de la productivit&#233; qui vont imprimer leurs caract&#233;ristiques aux formes de prise en charge des temps de non-travail. Ainsi, l'&#233;mergence d'une nouvelle unit&#233; reproductive associe &#233;troitement les d&#233;terminations productives aux modalit&#233;s de reproduction du syst&#232;me &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Contribution du rapport travail / hors travail &#224; la croissance et organisation du temps libre dans la r&#233;gulation de l'unit&#233; reproductive industrielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'av&#232;nement du capitalisme industriel, le temps libre d&#233;fini comme un temps social &#224; &#171; soi&#171; , duquel on peut librement user, se pr&#233;sente &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; comme un temps contradictoire avec la logique d'accumulation du capital et les rapports sociaux qui lui sont li&#233;s. En effet, longtemps r&#233;serv&#233;s &#224; une &#233;lite sociale, la ma&#238;trise de son temps, l'acc&#232;s aux divertissements ou aux activit&#233;s de d&#233;veloppement personnel sont autant de conqu&#234;tes sociales gagn&#233;es par le salariat. Historiquement associ&#233; au mouvement de R&#233;duction du Temps de Travail (RTT), le d&#233;veloppement du temps libre n'est pas al&#233;atoire, mais bien inscrit dans la dynamique d'ensemble de l'unit&#233; reproductive industrielle. Dans cette &#233;conomie du temps, la structuration du temps hors travail constitue un vecteur central de r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fa&#231;on globale et sch&#233;matique, dans cette forme historique, la r&#233;gulation du syst&#232;me &#233;conomique se manifeste par des ajustements qui engagent l'&#233;lasticit&#233; de la structure temporelle. Ainsi, alors que certains temps s'allongent, d'autres se r&#233;duisent en r&#233;ponse aux blocages r&#233;currents de la croissance. Pr&#233;cis&#233;ment, les processus d'ajustements s'effectuent &#224; deux niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, l'&#233;lasticit&#233; des temps sociaux assure le &lt;i&gt;fonctionnement&lt;/i&gt; du syst&#232;me &#233;conomique &#224; travers l'ajustement du volume de travail aux besoins de la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les variations du ch&#244;mage illustrent ce principe d'absorption des fluctuations de l'activit&#233;. D'ailleurs, l'&#233;mergence de cette cat&#233;gorie, dans le sens o&#249; nous l'entendons aujourd'hui, est r&#233;v&#233;latrice des caract&#233;ristiques du salariat industriel en construction (Reynaud, Salais, Baverez 1986). Auparavant majoritairement li&#233; au caract&#232;re saisonnier de l'agriculture, le ch&#244;mage devient un moyen de r&#233;guler le volume de travail mobilis&#233; dans la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Autre exemple, le temps d'activit&#233; domestique des femmes, exclus du temps &#233;conomique, devient un temps &#171; fonctionnel&#171; sur lequel repose l'entretien quotidien de la force de travail et dont les variations, en r&#233;ponse aux fluctuations de la conjoncture, autorisent des ajustements du point de vue du volume de travail n&#233;cessaire &#224; la production. La participation des femmes &#224; l'activit&#233; productive, si elle progresse structurellement dans le capitalisme industriel, constitue, aujourd'hui encore, une variable d'ajustement. De m&#234;me, les travailleurs immigr&#233;s ou encore les travailleurs int&#233;rimaires constituent une main d'oeuvre sp&#233;cifique sur laquelle s'appliquent des strat&#233;gies d'accroissement de la rentabilit&#233;. Ces &#171; cat&#233;gories d'ajustement&#171; permettent une flexibilit&#233; du volume d'emploi et un abaissement du co&#251;t du travail puisqu'elles sont partiellement exclues des transferts sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, la &lt;i&gt;r&#233;gulation-d&#233;veloppement&lt;/i&gt; du syst&#232;me passe par la modulation des s&#233;quences temporelles centr&#233;es sur l'entretien de la population et la production de sa qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement du temps libre s'inscrit dans ce second mode d'ajustement dont la particularit&#233; est de transformer structurellement l'unit&#233; reproductive industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la longue p&#233;riode, les estimations de la dur&#233;e du travail mettent en &#233;vidence un mouvement s&#233;culaire de tendance &#224; la baisse. Ainsi, l'estimation de la part du temps travaill&#233; dans le temps moyen de vie &#233;veill&#233;e indique le &lt;i&gt;basculement&lt;/i&gt; progressif d'une domination de ce temps vers un rapport temporel travail/hors travail largement domin&#233; par le second (graphique 1&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cette estimation est construite sur l'hypoth&#232;se d'un temps de vie &#233;veill&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Cette &#233;volution n'est pas lin&#233;aire : elle v&#233;rifie l'hypoth&#232;se r&#233;gulationniste d'une transformation r&#233;currente du syst&#232;me &#233;conomique au cours des phase de d&#233;pression (Fontvieille 1979, Boyer 1986).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpr&#233;tation que nous proposons est la suivante :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettant en jeu l'&#233;lasticit&#233; des temps sociaux, les dispositifs de sortie de crise structurelle articulent la baisse de la dur&#233;e du travail et ses cons&#233;quences : la possibilit&#233; d'ouvrir un temps croissant au d&#233;veloppement qualitatif de la population qui, &#224; son tour, s'inscrit comme une condition pour la poursuite (ou la relance) de cette dynamique de croissance de la productivit&#233;. Autrement dit, le d&#233;veloppement des forces productives, tout en offrant des possibilit&#233;s de r&#233;duction du temps de travail, impose une ouverture croissante des temps hors travail sur l'&#233;ducation, la sant&#233;, la formation, les loisirs, la culture,etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Graphique 1 :&lt;/strong&gt;Estimation du temps travaill&#233; dans le temps de vie &#233;veill&#233;e de la population, 1821-1995&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources : Bayet A. (1997) pour la dur&#233;e du travail ; INSEE (1948 &#224; 1997) et INSEE (1952) pour l'emploi total et la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Graphique 2&lt;/strong&gt; : Estimation de la productivit&#233; apparente du travail, 1821-1995&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sources : Toutain J-C. (1997) pour le PIB (d&#233;flat&#233;) ; Bayet A. (1997) pour la dur&#233;e annuelle du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, les diff&#233;rentes r&#233;ductions du temps de travail se pr&#233;sentent &#224; la fois comme des conditions de d&#233;veloppement de la production industrielle et comme des facteurs de d&#233;sorganisation du mod&#232;le (Freyssinet 1997).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, conjointement au processus d'innovation, une s&#233;rie de d&#233;penses progressent par paliers successifs, indiquant un pr&#233;l&#232;vement croissant sur le produit, &#224; destination de la population. D'un point de vue statistique, les travaux d'histoire quantitatifs men&#233;s sur les d&#233;penses d'&#233;ducation (Carry 1999), de sant&#233; (Schilling 1995, Domin 1998) et de prise en charge de la vieillesse (Reimat 1997), montrent que, jusqu'&#224; la 2nde guerre mondiale, ce pr&#233;l&#232;vement intervient de fa&#231;on p&#233;riodique, au cours des phases de d&#233;pression longues du syst&#232;me &#233;conomique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Identifi&#233; par de nombreux &#233;conomistes, ce mouvement contracyclique est aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Apr&#232;s la 2&#232;me guerre, ces d&#233;penses deviennent procycliques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rentes activit&#233;s &#171; reproductives&#171; partagent plusieurs caract&#233;ristiques communes qui autorisent leur regroupement dans un ensemble, le &lt;i&gt;d&#233;veloppement des hommes&lt;/i&gt; (Fontvieille 1990). Elles ont tout d'abord la particularit&#233; d'&#233;lever la qualit&#233; de la main d'oeuvre tout en exc&#233;dant largement ses usages productifs. L'&#233;ducation, par exemple, ouvre sur la satisfaction de besoins culturels sans rapports directs avec le travail. C'est l'ensemble de la vie de l'individu qui est prise en compte et plus seulement celle du producteur ou du consommateur. Ainsi, en &#233;levant la qualit&#233; de la population, ces activit&#233; &#233;l&#232;vent la qualit&#233; du temps libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, historiquement, la prise en charge de ces d&#233;penses passe le plus souvent par un financement socialis&#233; (salaire indirect, d&#233;penses publiques). En effet, ces activit&#233;s centr&#233;es sur le d&#233;veloppement humain ont en commun de ne pas reposer sur la mise en valeur d'un capital mais de fonctionner et de se d&#233;velopper par un pr&#233;l&#232;vement op&#233;r&#233; sur le produit. Ce faisant elles d&#233;veloppent, au sein du syst&#232;me &#233;conomique, une logique sp&#233;cifique contradictoire avec l'accumulation imm&#233;diate de capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement de temps hors travail, corr&#233;latifs &#224; la croissance de ces d&#233;penses, se structure dans l'unit&#233; reproductive industrielle autour d'un statut d'emploi salari&#233; dont la norme achev&#233;e implique un contrat de travail &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e et &#224; temps plein. La progression des dimensions non marchandes qui entrent ainsi dans la valeur de la force de travail se traduit par l'&#233;largissement des droits rattach&#233;s &#224; ce statut d'emploi. Ainsi, la complexification de ce statut conduit &#224; baliser et &#224; institutionnaliser le temps hors travail &#224; travers, par exemple, la reconnaissance des positions de &#171; malade&#171; , de &#171; retrait&#233;&#171; , de &#171; femme en maternit&#233;&#171; ). Cette construction souligne d'ailleurs que le rapport salarial se construit sur une articulation des diff&#233;rents temps sociaux et non sur la base du seul temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;chelle du cycle de vie, la norme d'emploi salari&#233; est au centre de la structure assurant &#224; la fois la reproduction &#233;conomique et le renouvellement des g&#233;n&#233;rations. Dans ce sens, le r&#233;tr&#233;cissement &#233;pisodique des &#226;ges actifs est une autre fa&#231;on d'illustrer la r&#233;gulation par ajustement structurel des temps sociaux dans cette unit&#233; reproductive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans l'expos&#233; oral, nous avons &#233;cart&#233; les r&#233;f&#233;rences au cycle de vie comme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; travers ce mode de r&#233;gulation que le temps libre va se d&#233;velopper. Inscrit dans les dispositif se sortie de crise structurelle, la progression du temps libre est &#233;troitement li&#233;e &#224; celle des autres composantes du d&#233;veloppement des hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tapes historiques de sa structuration sont particuli&#232;rement significatives du &lt;i&gt;processus d'autonomisation&lt;/i&gt; (Fontvieille, Michel 2002) qui caract&#233;rise ces activit&#233;s : de m&#234;me que l'&#233;ducation, le temps libre d&#233;crit un processus d'autonomisation par rapport &#224; la logique du capital qui l'a initialement impuls&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par autonomisation, ce n'est pas une ind&#233;pendance des variables que nous (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Non pas ind&#233;pendant mais d&#233;veloppe sa logique propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une premi&#232;re &#233;tape, le temps hors travail (professionnel et domestique) est consacr&#233; &#224; la r&#233;cup&#233;ration des forces physiques et morales de l'ouvrier. Son inscription structurelle dans l'unit&#233; reproductive industrielle participe du d&#233;passement de la Grande D&#233;pression des ann&#233;es 1880-1890, phase de blocage de la croissance directement li&#233;e &#224; la d&#233;gradation de la population active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ainsi, les premi&#232;res grandes lois relatives &#224; la limitation de la dur&#233;e du travail de l'ensemble des ouvriers&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les toutes premi&#232;res lois concernent uniquement des cat&#233;gories de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; prennent effet &#224; l'issue de la Grande D&#233;pression (1892). Tout au long de la phase de croissance forte pr&#233;c&#233;dente, la dur&#233;e du travail est pouss&#233;e jusqu'aux limites physiologiques de la force de travail (cf le Tableau de Villerm&#233;, les descriptions du paup&#233;risme du milieu du 19&#232;me si&#232;cle par R. Castel). La logique de l'accumulation du capital se traduit par une d&#233;gradation notable de l'&#233;tat de la population qui, finalement, entrave la progression de la productivit&#233; (Fridenson, Reynaud 2004). D&#232;s cette &#233;poque, c'est-&#224;-dire &#224; la fin du 19&#232;me si&#232;cle, le productivisme s'accompagne d'une prise de conscience des besoins sociaux de r&#233;cup&#233;ration de la force de travail. Aussi, la r&#233;duction de la dur&#233;e du travail, mise en oeuvre notamment par la syst&#233;matisation du repos dominical, est per&#231;ue comme un facteur de croissance de l'efficacit&#233; productive. Egalement permis par la hausse du salaire, un temps hors travail, tourn&#233; vers la famille et sur quelques divertissements populaires, tend ainsi &#224; s'organiser.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde &#233;tape correspond &#224; la constitution d'un temps social autonome, c'est-&#224;-dire centr&#233; sur des activit&#233;s qui lui sont propres. Historiquement, cette seconde &#233;tape d&#233;bute dans l'entre-deux-guerres et perdure encore aujourd'hui, m&#234;me si de nouveaux usages du temps se d&#233;veloppent depuis la fin des ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est au cours de la crise de l'entre-deux-guerres que le temps libre comme temps social prend tout son sens. A l'extension du rapport salarial correspond alors le d&#233;veloppement de l'acc&#232;s aux consommations marchandes ainsi que le d&#233;veloppement des consommations collectives. Les gains de productivit&#233; marqu&#233;s au cours de l'entre-deux-guerres (graphique 2) autorisent un &#233;largissement de la couverture des besoins sociaux &#224; travers l'orientation d'une part accrue du produit vers la population. Dans un contexte de ch&#244;mage et de gr&#232;ves, o&#249; les revendications de la classe ouvri&#232;re de plus en plus organis&#233;e p&#232;sent consid&#233;rablement, le gouvernement du Front Populaire annonce trois r&#233;formes importantes : les cong&#233;s pay&#233;s, la semaine de 40 heures et l'obligation des conventions collectives. Face &#224; un contenu du travail &#171; d&#233;shumanis&#233;&#171; , vide de sens, un v&#233;ritable temps de loisir s'impose. Ce temps social tend d&#232;s lors &#224; se d&#233;mocratiser et &#224; s'autonomiser, c'est-&#224;-dire &#224; d&#233;velopper des activit&#233;s qui lui sont propres (baignades, visite de sites touristiques, pratiques de sociabilit&#233;s, etc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inscrit dans le couple travail/loisir stabilis&#233;, le temps libre, apr&#232;s la Lib&#233;ration, b&#233;n&#233;ficie de l'augmentation spectaculaire de la consommation finale des m&#233;nages. Ce moteur de la transformation des modes de vie, permis par l'accroissement et la stabilit&#233; du pouvoir d'achat, &#233;l&#232;ve la qualit&#233; du temps domestique et du temps de loisir.A l'inverse, les loisirs ouvrent sur de nouveaux besoins et donc sur de nouveaux march&#233;s. La diversification des activit&#233;s pratiqu&#233;es (sport, photo, camping, musique, t&#233;l&#233;vision...) est indissociable des progr&#232;s &#233;ducatifs et sanitaires r&#233;alis&#233;s tout au long des ann&#233;es 1945-1970. En effet, contrairement aux phases d'expansion longues pr&#233;c&#233;dentes, les d&#233;penses orient&#233;es vers la population connaissent une croissance soutenue qui atteste d'une tendance &#224; l'autonomisation des activit&#233;s centr&#233;es sur le d&#233;veloppement humain.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la progression, &#224; la fois qualitative et quantitative, du temps libre qui r&#233;sulte de la dynamique de r&#233;gulation de l'unit&#233; reproductive industrielle montre que cette r&#233;gulation inscrit des irr&#233;versibilit&#233;s dans la structure du syst&#232;me &#233;conomique. Les pouss&#233;es successives des activit&#233;s centr&#233;es sur le d&#233;veloppement humain reconfigure ce syst&#232;me. Progressivement, le d&#233;veloppement humain et, avec lui, l'ensemble du hors travail, acqui&#232;rent une nouvelle position par rapport &#224; la croissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2&#232;me partie - Dans la crise, l'effritement des fronti&#232;res entre travail et hors travail interroge la transition vers une unit&#233; reproductive informationnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise qui s'ouvre &#224; la fin des ann&#233;es 1960 se manifeste par une s&#233;rie de ruptures et de tendances contradictoires avec la dynamique de l'unit&#233; reproductive industrielle. La r&#233;volution technologique d'ensemble qui s'amorce au cours de cette p&#233;riode place les connaissances et la diffusion de l'information au coeur de l'efficacit&#233; productive, poussant ainsi &#224; une recomposition des temps sociaux. Cette recomposition appara&#238;t aujourd'hui sous des formes &#233;clat&#233;es, mettant en jeu des d&#233;cloisonnements et de nouvelles interp&#233;n&#233;trations entre les activit&#233;s auparavant segment&#233;es par la rationalisation industrielle. Cet affaiblissement des fronti&#232;res temporelles traditionnelles entre travail et hors travail interroge alors l'affirmation d'une logique alternative d'articulation des temps sociaux &#224; laquelle serait associ&#233;e une nouvelle norme d'efficacit&#233;. Si certaines formes nouvelles, dans la production comme dans le temps libre s'organisent suivant une dynamique cumulative centr&#233;e sur le d&#233;veloppement de l'individu dans toutes ses composantes, d'autres processus &#224; l'oeuvre dans la crise indiquent un &#233;largissement de l'emprise du capital sur l'organisation et la gestion du temps social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. D&#233;veloppement des contre tendances &#224; la dynamique de l'UR Industrielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode de crise actuelle, les transformations du travail, qui affecte aussi bien sa forme que son contenu, tendent &#224; restructurer le rapport travail/hors travail tel qu'il s'est constitu&#233; dans le capitalisme industriel. Pr&#233;cis&#233;ment, les transformations r&#233;currentes de cette unit&#233; reproductive sont &#224; l'origine d'un d&#233;placement progressif du centre de gravit&#233; de l'activit&#233; &#233;conomique de l'accumulation mat&#233;rielle - et avec elle, du capital - vers l'accumulation des savoirs informationnels&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous entendons par ce terme la quantit&#233; de connaissances en circulation dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, indissociable du d&#233;veloppement humain. L'introduction des TIC dans la phase de crise contemporaine du capitalisme renforce fondamentalement cette dynamique en transf&#233;rant au capital les caract&#233;ristiques des composantes informationnelles du travail. Ce double mouvement enclenche une recomposition du travail et de la relation capital/travail. Il impulse &#233;galement une recomposition du temps libre : au-del&#224; des loisirs &#171; classiques&#171; , ce temps social se structure dans une &#171; continuit&#233; cumulative&#171; articul&#233;e sur la multiplication des temps de formation, d'activit&#233;s et de sociabilit&#233;. Ces d&#233;cloisonnements s'inscrivent dans un contexte d'individualisation de la dur&#233;e du travail et de diversification des formes de mobilisation de la main d'oeuvre qui mettent en cause les modalit&#233;s traditionnelles d'ajustement de l'unit&#233; reproductive industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, la dynamique de l'unit&#233; reproductive industrielle est mise en cause par le d&#233;veloppement de temps de formation au sein m&#234;me du temps de travail. La r&#233;volution informationnelle, qui s'ouvre sur l'introduction des TIC dans le proc&#232;s de production, correspond &#224; une modification qualitative de la combinaison productive du m&#234;me ordre que celle engendr&#233;e par la r&#233;volution industrielle. La prise en charge, par les moyens mat&#233;riels de fonctions de plus en plus complexes du cerveau humain, d&#233;place l'activit&#233; humaine vers des fonctions mobilisant davantage ses capacit&#233;s de r&#233;flexion et de cr&#233;ation. Ce renouvellement de la racine technologique conduit au d&#233;passement de la division smithienne du travail. En effet, si la rationalisation du proc&#232;s de production et les rapports sociaux de domination hi&#233;rarchiques gardent toute leur actualit&#233;, les restructurations de l'emploi s'ouvrent sur une interp&#233;n&#233;tration complexe et in&#233;dite entre industrie et services, entre salari&#233;s de la production et salari&#233;s de la conception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, l'actualisation permanente des connaissances devient un gage d'efficacit&#233;. Ce besoin d'ajustement des comp&#233;tences am&#232;ne la formation &#224; r&#233;investir la sph&#232;re productive, affaiblissant ainsi les fronti&#232;res &#233;conomiques conventionnelles. Les premi&#232;res mesures de ce ph&#233;nom&#232;ne, encore instable, permettent dores et d&#233;j&#224; d'affirmer que, dans une part croissante de l'activit&#233; &#233;conomique les &#233;changes informationnels et la formation deviennent constitutifs du temps de travail ainsi, le mouvement s&#233;culaire d'ext&#233;riorisation des temps d'acquisition de connaissances (Cereq 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le capital, cette transformation du contenu du travail constitue la mont&#233;e endog&#232;ne d'une logique contradictoire. En effet, pour le capital, le d&#233;veloppement de la formation en cours d'emploi correspond &#224; un co&#251;t. Si l'anticipation de gains de productivit&#233; guide la d&#233;pense, le retour sur investissement reste al&#233;atoire : &#171; marchandisable&#171; , la formation pr&#233;sente n&#233;anmoins la particularit&#233; d'engager la subjectivit&#233; de l'individu form&#233; (Michel, Vallade 1998). De plus, la formation s'incorpore &#224; la force de travail et les capacit&#233;s suppl&#233;mentaires acquises se d&#233;placent avec l'individu (Becker 1964).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, la p&#233;riode de crise contemporaine donne lieu &#224; une recomposition du temps libre. Ce temps social, qui repr&#233;sente aujourd'hui 30 % du temps moyen d'un actif, progresse nettement tout au long des ann&#233;es 1970-2000&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les enqu&#234;tes Budget Temps de l'INSEE donnent une estimation de dur&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, cet accroissement s'effectue dans le cadre d'un &#233;clatement de la structure temporelle qui transforme profond&#233;ment la nature du temps libre. Sous l'effet de la diversification des situations d'activit&#233; et, notamment, de la mont&#233;e du ch&#244;mage, ce temps social se caract&#233;rise par une h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; croissante en termes quantitatifs et qualitatifs. Plusieurs tendances nouvelles se d&#233;gagent n&#233;anmoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, le couple travail/loisir, qui pr&#233;sentait une forme stable au cours de la p&#233;riode de croissance d'apr&#232;s-guerre, est affect&#233; par l'incertitude structurelle li&#233;e &#224; la crise. Pour les m&#233;nages, le d&#233;veloppement des formes pr&#233;caires d'emploi et la mont&#233;e du ch&#244;mage att&#233;nuent les fronti&#232;res entre temps libre et temps contraint. Ainsi, pour une partie de la population, les usages du temps libre se replient sur la sph&#232;re domestique et, en particulier, sur la t&#233;l&#233;vision&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A la fin des ann&#233;es 1990, un ouvrier consacre plus de 53 % de son temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enqu&#234;tes de l'INSEE montrent ensuite que la progression du temps libre, au cours des ann&#233;es 1980 et 1990, est avant tout celle des pratiques de sociabilit&#233; (sorties, visites amicales, participation associative, etc) et des semi-loisirs (jardinage, bricolage, etc) (Dumontier, Pan K&#233; Shon 2000). Ces usages actifs du temps libre sont marqu&#233;s par une transformation majeure : autrefois tourn&#233;e sur la d&#233;fense d'int&#233;r&#234;ts collectifs (syndicats, partis politique), la participation &#224; la vie sociale se concentre aujourd'hui sur des activit&#233;s li&#233;es au &lt;i&gt;d&#233;veloppement personnel&lt;/i&gt; des individus : pratiques culturelles, artistiques, sportives, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1990, cette composante tr&#232;s active du temps libre, r&#233;duite aux pratiques artistiques amateurs (pratique de la danse, de la musique, des arts plastiques ou de l'&#233;criture) concerne 22% de la population (Donnat 1996). Leur analyse statistique montre que (Vallade 2002) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	- ces pratiques r&#233;pondent &#224; des d&#233;terminations non marchandes : le revenu ne constitue pas la variable explicative premi&#232;re de leur d&#233;veloppement. Elles sont davantage li&#233;es au niveau d'&#233;ducation, &#224; l'&#226;ge et &#224; la cat&#233;gorie socioprofessionnelle des individus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	- ces pratiques ob&#233;issent &#224; une logique cumulative : entre elles, d'une part (nombreux multi-pratiquants), et avec les autres temps de formation, d'autre part. De m&#234;me que pour la formation continue, la probabilit&#233; de pratiquer ces activit&#233;s s'&#233;l&#232;ve avec le niveau de formation initiale. Ainsi, de m&#234;me que la formation &#233;l&#232;ve la valeur d'usage du temps de travail, elle &#233;l&#232;ve aussi la qualit&#233; et la valeur d'usage du temps libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de l'articulation des temps sociaux, cette transversalit&#233; de la &#171; composante informationnelle&#171; des individus appara&#238;t comme un facteur essentiel de l'affaiblissement des fronti&#232;res traditionnelles entre les temps sociaux. L'utilisation de comp&#233;tences &#171; professionnelles&#171; dans le travail b&#233;n&#233;vole, par exemple, illustre cette &#233;volution. Inversement, l'acquisition de comp&#233;tences susceptibles de r&#233;troagir dans le cadre professionnel est aujourd'hui irr&#233;ductible aux actions de formation finalis&#233;es par l'emploi. L'individu v&#233;hicule son savoir, ses capacit&#233;s ou comp&#233;tences d'un temps &#224; l'autre, d'une activit&#233; &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, dans la crise, les modalit&#233;s de r&#233;gulation de l'unit&#233; reproductive industrielle semble atteindre leurs limites. En r&#233;action &#224; la crise de rentabilit&#233; du capital, les processus traditionnels d'ajustement qui s'enclenchent ne parviennent pas &#224; r&#233;sorber les causes de blocages de la croissance. Au contraire, la structure temporelle industrielle est mise en cause &#224; la fois au niveau de la dur&#233;e collective du travail et du d&#233;roulement du cycle de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, au cours des ann&#233;es 1980 et 1990, un &lt;i&gt;basculement&lt;/i&gt;s'op&#232;re dans les modalit&#233;s d'organisation du temps de travail (Boulin, Cette Tadd&#233;i 1993). Progressivement cal&#233;e sur un statut d'emploi, des horaires et un calendrier collectif, la dur&#233;e du travail &#171; &#233;clate&#171; &#224; diff&#233;rents niveaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;dans le rapport des forces sociale, le poids du patronat impose la multiplication des l&#233;gislations d&#233;rogatoires, mais aussi des contrats de travail &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, des emplois aid&#233;s, du travail temporaire, du temps partiel, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;les lois des ann&#233;es 1990 (r&#233;pondant &#224; des contraintes et/ou des attentes pour les salari&#233;s) autorisent ensuite des combinaisons originales : journ&#233;es plus courtes, semaines plus courtes, jours de cong&#233;s suppl&#233;mentaires, compte &#233;pargne-temps, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;enfin, l'individualisation des horaires de travail s'accompagne d'une irr&#233;gularit&#233; croissante des journ&#233;es de travail variations quotidiennes d'horaires ou de dur&#233;e du travail).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dynamique, dans laquelle se combinent la minimisation du co&#251;t du travail et les imp&#233;ratifs de flexibilit&#233; des entreprises, converge vers la concentration du temps de travail sur une fraction r&#233;duite de la population active. Indissociable des transformations du contenu du travail, l'&#233;clatement de la dur&#233;e du travail interroge la p&#233;rennit&#233; de la forme canonique d'emploi &#224; temps plein et &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e autour de laquelle s'est structur&#233;e l'unit&#233; reproductive industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, les transformations qui affectent le cycle de vie indiquent &#233;galement un &#233;puisement du processus de r&#233;gulation fond&#233; sur l'&#233;lasticit&#233; de la structure temporelle. &#171; Arch&#233;type&#171; de la structure temporelle industrielle, le cycle de vie ternaire est d&#233;stabilis&#233; par la diversification des trajectoires d'activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La discontinuit&#233; des formes d'emploi et les alternances nouvelles entre l'emploi, le ch&#244;mage ou la formation sur le cycle de vie se pr&#233;sente en effet comme une transformation majeure impuls&#233;e par la crise. Au-del&#224;, c'est la forme standardis&#233;e du d&#233;roulement des &#226;ges en trois &#233;tapes bien distinctes - la scolarisation, l'activit&#233; professionnelle et la retraite - qui s'ouvre aujourd'hui sur de nouvelles mixit&#233;s. En effet, le passage d'une s&#233;quence &#224; l'autre, pr&#233;c&#233;demment stable, organis&#233; par des &#171; &#226;ges seuils&#171; , devient beaucoup plus complexe (Guillemard 1991).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La phase d'insertion vers l'emploi s'allonge et se caract&#233;rise par le d&#233;veloppement de temps mixtes (formation, travail gratuit, &#171; job&#171; , stage, projet personnel hors travail, etc) (Canals 2000). De m&#234;me, la transition vers la retraite est moins nette, elle donne lieu &#224; des formes de temps de travail r&#233;duit qui s'ouvrent sur d'autres activit&#233;s. Ainsi, les transformations des usages du temps par les retrait&#233;s sont de moins en moins r&#233;ductibles &#224; leur fonction &#233;conomique premi&#232;re : ext&#233;rioris&#233;e la main d'oeuvre la moins productive. En effet, le temps des &#171; inactifs&#171; devient un temps de &lt;i&gt;pluriactivit&#233;&lt;/i&gt; (Gaullier 1997). Le changement de nature de cette s&#233;quence du cycle de vie est particuli&#232;rement significative des transformations port&#233;es par le d&#233;veloppement humain tout au long du capitalisme industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le mode de progression de la formation, qui tend &#224; p&#233;n&#233;trer les diff&#233;rents temps sociaux, montre que l'&#233;lasticit&#233; de la structure temporelle se heurte &#224; des limites. Ainsi, la g&#233;n&#233;ralisation actuelle de l'enseignement sup&#233;rieur indique que la formation initiale et la progression du temps corr&#233;latif a quasiment &#233;puis&#233; les marges de progression qu'il offrait jusqu'ici. Simultan&#233;ment, l'organisation de nouveaux temps &#233;ducatifs et, en particulier, de temps de formation continue, dans et hors travail, indiquerait que la formation est entr&#233;e dans un processus de continuit&#233; sur le cycle de vie (Michel 1999). Les temps de formation et d'auto-formation d&#233;velopp&#233;s dans le temps libre renforcent cette hypoth&#232;se en pointant la dynamique d'auto-d&#233;veloppement de la formation sur laquelle repose cette tendance &#224; la continuit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une interrogation sur l'auto-d&#233;veloppement de la formation est &#233;galement (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. Les &#171; potentialit&#233;s contradictoires&#171; port&#233;es par l'&#233;mergence d'une unit&#233; reproductive informationnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si plusieurs tendances contradictoires &#224; la dynamique de l'unit&#233; reproductive industrielle sont dores et d&#233;j&#224; &#224; l'oeuvre, l'&#233;mergence d'une nouvelle &#233;conomie du temps se pr&#233;sente aujourd'hui comme un enjeu majeur de la sortie de crise. Dans la p&#233;riode contemporaine les tensions et les contradictions dominent, offrant un certains nombre de points de comparaison avec la p&#233;riode de d&#233;construction de l'unit&#233; reproductive pr&#233;industrielle. En effet, la production s'appuyant progressivement sur les capacit&#233;s d'adaptation, de r&#233;flexion et de cr&#233;ation des individus, la notion de &#171; temps&#171; , dans le travail, telle qu'elle s'est constitu&#233;e dans le capitalisme industriel, change de nature. Plus avant, ce renouvellement du travail engage des r&#233;allocations permanentes entre travail et hors travail qui ne sont pas &#171; r&#233;gl&#233;es&#171; par le renouvellement corr&#233;latif des d&#233;terminatives productives. Nous proposons d'analyser l'affirmation d'une logique alternative d'articulation des temps sociaux, qui int&#232;grerait les sp&#233;cificit&#233;s de fonctionnement propres aux dimensions informationnelles, comme une &#171; potentialit&#233; contradictoire&#171; dans ce que la crise a de plus avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;veloppement des composantes informationnelles et relationnelles du travail est &#224; l'origine de tensions nouvelles dans la distribution des temps sociaux. Ces tensions peuvent &#234;tre analys&#233;es comme un conflit de logiques entre deux modalit&#233;s d'articulation des temps sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les logiques qui s'opposent :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La premi&#232;re logique d'articulation des temps sociaux est la logique marchande dominante, celle impuls&#233;e par la rationalit&#233; du profit, de l'accumulation ou de la rentabilit&#233; imm&#233;diate. Dans cette logique, la progression de l'efficacit&#233; repose sur l'&#233;conomie syst&#233;matique de capital variable, c'est-&#224;-dire sur la minimisation du co&#251;t du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La seconde logique, encore mal identifi&#233;e, s'est historiquement d&#233;veloppement dans le temps hors travail&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et, dans une moindre mesure, dans le temps de travail. En effets, les temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &#224; travers l'&#233;ducation, la formation, les pratiques culturelles, de loisirs ou de sociabilit&#233;, etc. Cette logique alternative est centr&#233;e sur le d&#233;veloppement des individus dans toutes leur composantes. Par sa nature, cette logique s'oppose &#224; la segmentation des temps sociaux. Elle met en jeu une &#171; continuit&#233; cumulative&#171; des d&#233;terminations qualitatives de l'individu tout au long du cycle de vie. Dans cette logique, la progression de l'efficacit&#233; proc&#232;de non pas par l'&#233;conomie de travail vivant, mais par son d&#233;veloppement, son enrichissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations de ce conflit de logiques pointent les potentialit&#233;s contradictoires soulev&#233;es par l'effritement des fronti&#232;res entre travail et hors travail. Notamment, les nouvelles formes d'implication des salari&#233;s illustrent ce conflit de logique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la r&#233;volution technologique d'ensemble, les qualit&#233;s et exp&#233;riences acquises par les individus dans les diff&#233;rents temps de la vie deviennent des leviers de l'efficacit&#233; du travail. Aussi, l'un des objectifs du producteur est l'int&#233;gration de la &lt;i&gt;subjectivit&#233;&lt;/i&gt; des salari&#233;s. Avec cette tendance, qui se concr&#233;tise notamment par le &#171; managment par objectif&#171; ou les &#171; logiques de r&#233;sultats&#171; , la notion de temps elle-m&#234;me devient mineure dans la production et dans la mesure de celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cette dynamique met en cause la ma&#238;trise, par les salari&#233;s, de l'organisation de leur temps. On assiste alors &#224; l'allongement de la dur&#233;e du travail du fait de sa progressive ind&#233;termination (travail le week-end, en dehors du bureau) (Bouffartigues, Bouteiller 2001).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans le m&#234;me temps, le processus d'enrichissement du travail autorise une plus grande autonomie des individus et valorise du travail humain. La nouvelle norme d'efficacit&#233; productive qui se construit dans la R&#233;volution Informationnelle est potentiellement porteuse d'une transformation sans pr&#233;c&#233;dent du sens et de la place du travail dans l'existence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les transformations du travail et du rapport capital/travail ouvrent sur des potentialit&#233;s in&#233;dites en mati&#232;re d'Am&#233;nagement et de R&#233;duction du Temps de Travail, sur une gestion &#171; choisie&#171; des temps quotidiens, ceux de la vie personnelle, familiale, sociale (Gaudechot, Lurol, M&#233;da 1999). On observe en effet que, plus pr&#233;visible, un emploi du temps peu &#234;tre optimis&#233; et s'ouvrir sur des activit&#233;s hors travail plus organis&#233;es, plus diversifi&#233;e (Barth&#233;l&#233;my, Cette 2002).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;finitive, l'int&#233;gration progressive des capacit&#233;s acquises dans le temps libre au sein de la prestation de travail transforme l'interaction des temps sociaux mais s'effectue sans r&#233;ellement bouleverser les fronti&#232;res du temps &#233;conomique, c'est-&#224;-dire du temps valoris&#233;. En fait, au moment o&#249; les modalit&#233;s efficaces de production appellent une socialisation accrue du capital variable et donc un &#233;largissement de la forme salaire, la logique de rentabilit&#233; imm&#233;diate du capital tend &#224; ramener la forme salaire &#224; sa stricte dimension marchande. Le maintien de la forme ancienne est m&#234;me encourag&#233;e dans la mesure o&#249; ces capacit&#233;s et aptitudes, de nature non marchande, &#233;chappent au salaire. Il s'agit alors d'une appropriation d'un temps gratuit suppl&#233;mentaire permettant d'entretenir la valorisation du capital. Autrement dit, le temps social n&#233;cessaire &#224; la constitution et &#224; la valorisation des connaissances, directement utilis&#233;es dans la production, n'est pas reconnu comme un temps &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, le processus d'ext&#233;riorisation des temps d'apprentissage, hors du temps de travail, garde toute son d'actualit&#233;. Dans le m&#234;me temps, la mobilisation des capacit&#233;s individuelles dans le travail souligne leur n&#233;cessaire d&#233;veloppement pour le capital. Ainsi, l'absence de reconnaissance salariale de la formation, sous ses diff&#233;rentes formes, introduit une limite objective &#224; la progression de la qualit&#233; de la main d'oeuvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rentes tensions donnent l'ampleur des enjeux de la phase actuelle. Elles montrent comment le temps libre, d'un temps finalement r&#233;siduel dans sa participation &#224; la croissance, devient un temps op&#233;ratoire. La mutation de statut de ce temps social, dont la caract&#233;ristique est pr&#233;cis&#233;ment sa dimension humaine, peut &#234;tre vue comme un indicateur de l'orientation (du sens) des transformations du capitalisme. D'apr&#232;s cette mise en perspective, le capitalisme n'entrerait pas dans &lt;i&gt;l'&#232;re des loisirs&lt;/i&gt; ni ne s'orienterait vers &lt;i&gt;la fin du travail&lt;/i&gt;, mais amorcerait bien une re-d&#233;finition du rapport travail/hors travail, c'est-&#224;-dire, sur une re-d&#233;finition du temps &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bibliographie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aglietta M. (1976) &lt;i&gt;R&#233;gulation et crises du capitalisme&lt;/i&gt;, Paris : Odile Jacob, Opus (3&#232;me &#233;dition 1997).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barth&#233;l&#233;my J., Cette G. (2002) &#171; Le d&#233;veloppement du temps vraiment &lt;i&gt;choisi&lt;/i&gt;&#171; , &lt;i&gt;Droit Social&lt;/i&gt;, n&#176;2, janvier, pp. 135-146.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bayet A. (1997) &#171; Deux si&#232;cles d'&#233;volution des salaires en France, Working Paper, F9702, Paris : INSEE, pp. 1-23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Becker G. S. (1962) &#171; Investment in Human Capital : a Theoritical Analysis&#171; , &lt;i&gt;The Journal of Political Economy&lt;/i&gt;, volume 70, n&#176;5, supplement : october, part 2, pp. 9-49.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Becker G. S. (1964) &lt;i&gt;Human Capital : a Theoritical and Empirical Analysis, with Special Reference to Education&lt;/i&gt;, National Bureau of Economic Research, New York : Columbia University Press.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Billiard I. (1998) &#171; Temps humain, temps productifs. Les enjeux des ann&#233;es 1980-1990&#171; , &lt;i&gt;Revue fran&#231;aise des affaires sociales&lt;/i&gt;, volume 52, n&#176; 3, juillet-septembre, Paris : La Documentation fran&#231;aise, pp. 89-105.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boccara P. (1964) &#171; Sur la R&#233;volution Industrielle du XVIII&#232;me et ses prolongements jusqu'&#224; l'automation&#171; , &lt;i&gt;La Pens&#233;e&lt;/i&gt;, n&#176; 115, mai-juin, pp. 12-27.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bouffartigue P., Bouteiller J. (2001) &#171; La r&#233;duction du temps de travail &#224; l'&#233;preuve des cadres&#171; , in : Durand C., Pichon A. (2001) &lt;i&gt;Temps de travail et temps libre&lt;/i&gt;, Bruxelles : De Boeck Universit&#233;, Ouvertures Sociologiques, pp. 211-226.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boulin J-Y. Cette G. Tadd&#233;i D. (dir.) (1993) &lt;i&gt;Le temps de travail&lt;/i&gt;, Paris : Syros, Futuribles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Boyer R. (1986) &lt;i&gt;La th&#233;orie de la r&#233;gulation : une analyse critique&lt;/i&gt;, Paris : La D&#233;couverte, Agalma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Canals V. (2000) &lt;i&gt;Formation-insertion et transformation du rapport salarial&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat en Sciences Economiques, Universit&#233; de Montpellier I, mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carry A. (1999) &#171; Le compte satellite r&#233;trospectif de l'&#233;ducation en France (1820 - 1996)&#171; , &lt;i&gt;Economies et Soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt;, tome 33, n&#176;2-3, f&#233;vrier-mars, S&#233;rie AF, n&#176;25, pp. 7-281.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castel R. (1995) &lt;i&gt;Les m&#233;tamorphoses de la question sociale. Une chronique du salariat&lt;/i&gt;, Paris : Fayard, L'espace du politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CEREQ (2001) &lt;i&gt;Enqu&#234;te Formation Continue 2000&lt;/i&gt;, CEREQ, INSEE, CGP, DARES, DGEFP, Paris : Minist&#232;re de l'Emploi et de la Solidarit&#233;, Minist&#232;re de l'Education Nationale, Secr&#233;tariat d'Etat aux Droits des Femmes et &#224; la Formation Professionnelle, 22 pages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coriat B. (1979) &lt;i&gt;L'atelier et le chronom&#232;tre : essai sur le taylorisme, le fordisme et la production de masse&lt;/i&gt;, Paris : Christian Bourgeois (2&#232;me &#233;dition 1982).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Domin J.-P. (1998) &lt;i&gt;Les d&#233;penses hospitali&#232;res entre 1803 et 1993 : dynamique hospitali&#232;re et cycles longs,&lt;/i&gt;Th&#232;se de doctorat en Sciences Economiques, Universit&#233; de Paris I.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donnat O. (1996) &lt;i&gt;Enqu&#234;te sur les activit&#233;s artistiques des Fran&#231;ais&lt;/i&gt;, Paris : D&#233;partement des Etudes et de la Prospective, Minist&#232;re de la Culture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dumontier F., Pan K&#233; Shon J.-L. (2000) &#171; Enqu&#234;te emploi du temps 1998-1999 - Description des activit&#233;s quotidiennes&#171; , &lt;i&gt;INSEE R&#233;sultats,&lt;/i&gt;n&#176;101-102, &lt;i&gt;Consommation et modes de vie&lt;/i&gt;, Paris : INSEE, pp. 1-324.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dumontier F., Valdeli&#232;vre H. (1989) &#171; Les pratiques de loisir 20 ans apr&#232;s : 1967/1987-1988&#171; , &lt;i&gt;INSEE R&#233;sultat&lt;/i&gt;s n&#176; 13, &lt;i&gt;Consommation et modes de vie&lt;/i&gt;, n&#176;3, pp. 1-70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fontvieille L. (1979) &#171; Les mouvements longs de Kondratieff et la th&#233;orie de la r&#233;gulation&#171; , &lt;i&gt;Issues&lt;/i&gt;, n&#176; 4, pp. 3-36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fontvieille L. (1976) &#171; Evolution et croissance de l'Etat fran&#231;ais : 1815-1969&#171; , &lt;i&gt;Economies et Soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt;, tome 10/9-12, S&#233;rie AF, n&#176;13, pp. 1655-2144.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fontvieille L. (1990) &#171; Education Growth and Long Cycles : the Case of France in the 19th and 20th Centuries&#171; , in : Tortella G. (ed) (1990) &lt;i&gt;Education and Economic Development since the Industrial Revolution&lt;/i&gt;, Valencia : Generalitat Valenciana, pp. 317-335.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fontvieille L., Michel S. (2002) &#171; The Transition Between Two Social Orders, The Relation of Education and Growth&#171; , &lt;i&gt;Review&lt;/i&gt;, volume 25, n&#176;1, pp. 23-46.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Freyssinet J. (1997) &lt;i&gt;Le temps de travail en miettes, 20 ans de politique de l'emploi et de n&#233;gociations collective&lt;/i&gt;, Paris : Les &#233;ditions de l'atelier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fridenson P., Reynaud B. dir. (2004) La France et le temps de travail (1814-2004), Paris : Odile Jacob.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaullier X. (1997) &#171; La pluriactivit&#233; &#224; tout &#226;ge&#171; , in : Boissard P. et alii (1997) &lt;i&gt;Le travail, quel avenir&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;, Paris : Gallimard, Folio-Actuel, n&#176;55, pp. 243-278.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Godechot O., Lurol M., M&#233;da D. (1999) &#171; Des actifs &#224; la recherche d'un nouvel &#233;quilibre entre travail et hors-travail&#171; , &lt;i&gt;Premi&#232;res Synth&#232;ses&lt;/i&gt;, n&#176; 20.1, mai, Paris : DARES, pp. 1-12.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillemard A.-M. (1991) &lt;i&gt;Les nouvelles formes de transition entre activit&#233; et retraite : bilan d'une comparaison internationale des dispositifs de sortie anticip&#233;e d'activit&#233;&lt;/i&gt;, Recherche subventionn&#233;e par la Mission Recherche et Exp&#233;rimentation Convention MIRE/ISMEA, n&#176; 337.88, Paris : Universit&#233; de Paris I Panth&#233;on-Sorbonne, juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;INSEE (1948 &#224; 1997) &lt;i&gt;Annuaire Statistique de la France&lt;/i&gt;, Paris : INSEE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;INSEE (1952) &lt;i&gt;Annuaire statistique r&#233;trospectif&lt;/i&gt;, Paris : Imprimerie Nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lojkine J. (1992) &lt;i&gt;La R&#233;volution Informationnelle&lt;/i&gt;, Paris : PUF, Sociologie d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luciani J. (1987) &#171; Une approche historique de la flexibilit&#233; : le ch&#244;mage intra-annuel&#171; , &lt;i&gt;Travail et Emploi&lt;/i&gt;, n&#176;33, septembre, pp. 23-41.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel S. (1999) &lt;i&gt;Education et croissance &#233;conomique en longue p&#233;riode&lt;/i&gt;, Paris : l'Harmattan, Logiques Economiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Michel S., Vallade D. (1998) &#171; Les controverses sur les formes de coordination par le march&#233; : le cas du march&#233; de la formation&#171; , Communication &#224; L'Universit&#233; d'&#233;t&#233; en &lt;i&gt;Histoire de la pens&#233;e et m&#233;thodologie &#233;conomiques&lt;/i&gt;, Grenoble : Universit&#233; de Grenoble II, 1er-5 septembre, pp. 1-17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouriaux M.-F. (1998) &#171; La pluriactivit&#233; entre l'utopie et la contrainte&#171; , &lt;i&gt;La Lettre,&lt;/i&gt;n&#176;51, f&#233;vrier, Paris : Centre d'Etude de l'Emploi, pp. 1-10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reimat A. (1996) &lt;i&gt;La dynamique de longue dur&#233;e du syst&#232;me fran&#231;ais de prise en charge de la vieillesse dans sa relation au d&#233;veloppement du syst&#232;me socio&#233;conomique&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat en Sciences Economiques, Universit&#233; de Montpellier 1, volume 1, novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reynaud B., Baverez N., Salais R. (1986) &lt;i&gt;L'invention du ch&#244;mage. Histoire et transformations d'une cat&#233;gorie en France des ann&#233;es 1890 aux ann&#233;es 1980&lt;/i&gt;, Paris : PUF, Economie en libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schilling L. (1995) &lt;i&gt;La dynamique de longue dur&#233;e du syst&#232;me de soins, une approche par la th&#233;orie de la r&#233;gulation&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat en Sciences Economiques, Universit&#233; de Montpellier I, Volume 1, septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Schultz T. W. (1961) &#171; Investment in Human Capital&#171; , &lt;i&gt;The American Economic Review&lt;/i&gt;, volume 51, n&#176;1, pp. 1-17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutain J-C. (1997) &#171; Le produit int&#233;rieur brut de la France, 1789-1990&#171; , &lt;i&gt;Economie et Soci&#233;t&#233;s&lt;/i&gt;, tome 31, n&#176; 11, S&#233;rie HEQ, n&#176;1, pp. 5-136.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vallade D. (2002) &lt;i&gt;La dynamique du temps libre : un vecteur de recomposition des temps sociaux. Une analyse de long terme, 19&#232;me et 20&#232;me si&#232;cles&lt;/i&gt;, Th&#232;se de doctorat en Sciences Economiques, Universit&#233; de Montpellier I, d&#233;cembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;MCF Universit&#233; Montpellier III - Rattach&#233;e au LAMETA Universit&#233; Montpellier I - e mail : delphine.vallade@univ-montp3.fr&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'introduction du machinisme, et plus largement la R&#233;volution Industrielle, se caract&#233;rise par le transfert des fonctions m&#233;caniques de la main de l'homme dans la machine (Boccara 1964). Cette transformation de la racine technologique n'a pas d'&#233;quivalent historique jusqu'&#224; la p&#233;riode contemporaine, p&#233;riode au cours de laquelle se produit une nouvelle r&#233;volution technologique d'ensemble caract&#233;ris&#233;e par l'objectivation croissante de fonctions intellectuelles et par le transfert de ces fonctions c&#233;r&#233;brales abstraites dans des supports mat&#233;riels (Lojkine 1992). Notons &#233;galement que, comme la R&#233;volution Industrielle, la R&#233;volution Informationnelle en cours ne peut se r&#233;duire &#224; une r&#233;volution de l'instrument de travail mais englobe les dimensions culturelles, sociales, &#233;conomiques et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cette estimation est construite sur l'hypoth&#232;se d'un temps de vie &#233;veill&#233; de 16 heures par jours, pendant 365 jours pour l'ensemble de la population (= stock de temps disponible de la population). On affecte par ailleurs la dur&#233;e annuelle du travail &#224; l'emploi total. Puis on rapporte ces deux temps. La lecture en pourcentages (axe des ordonn&#233;es) est donc complexe : il faut tenir compte de l'ensemble des inactifs (au sens de ceux qui n'occupent pas d'emploi, donc ch&#244;meurs compris), mais aussi des jours de repos, de cong&#233;, des jours f&#233;ri&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Identifi&#233; par de nombreux &#233;conomistes, ce mouvement contracyclique est aussi connu sous le nom de loi de Wagner lorsqu'il concerne l'ensemble des d&#233;penses publiques. Cf. : A. T. Peacok et J. Wiseman (1961), &#171; The Growth of Public Expenditure in the United Kingdom&#171; N.B.E.R et S. Kenbrick et M. Wehle (1953) &#171; A Century and a half of Federal Expenditure&#171; , N.B.E.R, dont les travaux sont analys&#233;s et critiqu&#233;s par L. Fontvieille (1976).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans l'expos&#233; oral, nous avons &#233;cart&#233; les r&#233;f&#233;rences au cycle de vie comme &#233;chelle de lecture des transformations de la structure temporelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par autonomisation, ce n'est pas une ind&#233;pendance des variables que nous souhaitons souligner, mais le fait que les activit&#233;s centr&#233;es sur le d&#233;veloppement des hommes progressent en d&#233;veloppant une logique qui leur est propre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les toutes premi&#232;res lois concernent uniquement des cat&#233;gories de la population. Par exemple la loi du 22 mars 1841 limite la dur&#233;e du travail des enfants et oblige, d'ailleurs, la fr&#233;quentation d'un &#233;tablissement scolaire et se situe &#233;galement dans une p&#233;riode de d&#233;pression de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Nous entendons par ce terme la quantit&#233; de connaissances en circulation dans la soci&#233;t&#233; et la densit&#233; des &#233;changes d'informations dans les relations interindividuelles de nature productive ou non.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les enqu&#234;tes Budget Temps de l'INSEE donnent une estimation de dur&#233;e journali&#232;re des principales activit&#233;s depuis le milieu des ann&#233;es 1960. En moyenne, le temps libre progresse de plus de 3 heures 30 par semaine sur cette p&#233;riode (Dumontier, Valdeli&#232;vre 1989, Dumontier, Pan K&#233; Shon 2000).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;A la fin des ann&#233;es 1990, un ouvrier consacre plus de 53 % de son temps libre &#224; regarder la TV contre 36 % pour un cadre (Dumontier, Pan K&#233; Shon 2000).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Une interrogation sur l'auto-d&#233;veloppement de la formation est &#233;galement pr&#233;sente dans la th&#233;orie du Capital Humain. Cette caract&#233;ristique y est prise en charge &#224; travers le calcul du rendement de l'&#233;ducation : la g&#233;n&#233;ralisation d'un niveau d'&#233;ducation dans la population fait sauter le calcul du rendement &#224; un niveau sup&#233;rieur dont l'attractivit&#233; s'&#233;l&#232;ve (Schultz 1961, Becker 1962).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Et, dans une moindre mesure, dans le temps de travail. En effets, les temps d'apprentissage et d'&#233;changes informationnels n'ont jamais totalement disparu du temps de travail, m&#234;me &#224; l'&#226;ge d'or du travail prescrit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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